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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 10:55

Depuis octobre 2012,  j'ai repris des fonctions d'entraîneur, non pas en cyclisme, mais en athlétisme (1/2 fond). Je suis plus particulèrement  un petit groupe d'athlètes des catégories cadet et junior garçon. Ils appartiennent à un des très bons clubs français d'athlétisme (le RCArras-6ème club espoir  français en 2012 /  40 athlètes qualifiés pour le national de cross 2013).

 

J'associe dans la préparation avec les athlètes, à la fois, l'aspect physique et l'aspect mental. Pour ce dernier point je développe chez eux des mises en situation d'entraînement où j'intégre un travail de pleine conscience à la situation. Il s'agit de communiquer des consignes sous forme d'intention avant la mise en  situation d'effort,  et de faire des rappels dans le temps de l'action.

 

Le travail sur les émotions est important, notamment lors des périodes compétitives. Par les échanges nombreux que nous avons, j'accompagne la verbalisation des émotions négatives et je les aide à s'appuyer sur les émotions positives que dégage une pratique sportive de haut niveau. 

 

Je mets l'accent sur l'attention-concentration, la présence à l'instant, la prise de conscience des ressentis, des sensations dans le temps d'effort. Ce travail a pour moi autant d'importance que l'effet des charges d'entraînement sur l'athlète et les chronos réalisés.

 

J'exploite l'outil de Ian Jackon  "Breath Play" dans l'approche de la respiration dans les temps d'effort. Cette méthode permet de très vite identifier les points seuils dans les différents types d'effort.

 

Se détacher des chronos. Ce n'est pas la moindre de mes intentions. Les athlètes (surtout en 1/2 fond) ont une dépendance au chrono qui est limite addictive !  Dans nombre d'entraînements, je leur demande de s'en détacher, de se baser sur leurs ressentis. je me charge de communiquer si besoin, les temps de passage.

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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 09:27

Cette question m'est souvent posée par des entraîneurs, des sportifs qui s'interrogent sur les bénéfices objectifs en matière de performance d'une démarche de préparation mentale et plus particulièrement celle qui s'appuie sur les outils de la pleine conscience.

 

Chaque athlète est unique.

Il n'y a pas de réponse généralisable en ce domaine. Chaque sportif est différent, en ce sens que chaque histoire est singulière et spécifique surtout dans le domaine du mental et de la psyché humaine. Il en est de même pour les aspects de la préparation physique. Chaque charge d'entraînement a un impact spécifique sur chaque sportif. Certes il existe des règles de base. Mais le point fondamental est la connaissance intime que l'athlète a de ses sensations.

 

Je peux témoigner des effets sur un ou des sportifs que j'accompagne en ce domaine, mais cela ne signifie en rien qu'il en sera de même pour un autre. Les données chiffrées peuvent être parfois surprenantes. Concrètement, pour exemplifier un athlète que je suis, c'est le passage d'un niveau régional à un niveau national en l'espace d'un mois.

 

D'abord, un mieux être dans la manière d'aborder la compétition.

C'est de mon point de vue un des éléments clef pour que le sportif puisse vivre pleinement l'épreuve, comme un moment unique en soi. C'est  donner le meilleur de lui au regard des ressources qui sont les siennes dans le moment de l'épreuve. Concrètement, c'est : moins de peur et d'angoisse, une envie d'être dans la compétition, une envie de donner le meilleur de soi sans se fixer nécessairement de but de classement ou de performance, une intention d'être pleinement dans l'effort et de vivre ce moment unique en soi.

 

Une révolution copernicienne, faire avec et non se battre contre !

C'est ce qui est difficile pour nombre de sportifs, d'athlètes et d'entraîneurs qui veulent à tout prix se battre contre le chrono, contre l'autre qui peut être l'adversaire à battre, voire à abattre etc...

Il s'agit de passer de la dureté à la fluidité mentale. Et c'est ce qui est le plus difficile dans un milieu marqué par la culte de la compétition à outrance, de la perfection, du toujours plus, et des "ego" surdimensionnés.

 

Accepter le résultat tel qu'il est et non tel que l'athlète et l'entraîneur le souhaiteraient.

Quelle que soit la performance réalisée. Elle est. Je l'apprécie à sa juste mesure. J'en tire les conséquences qui s'imposent et je passe au moment suivant, voire à l'épreuve suivante.

 

Remettre la pratique sportive-compétitive à sa juste place.

Ce n'est pas un des moindres effets que de savoir être présent à ses différents temps de vie. Le sportif apprend à prendre de la distance avec une vie sportive qui peut être hypertrophiée par rapport aux autres temps de vie. Cela ne signifie pas moins de pratique sportive, mais une présence en qualité aux autres temps de vie (professionnel, affectif, familial etc...).

 

Cette approche permet au sportif d'être plus conscient, plus humain, moins robotisé. Elle intervient sur tous les aspects de la personne (cognitif, émotionnel, physique et spirituel). Elle n'est pas une nouvelle recette ou un nouveau concept. Elle n'a rien de révolutionnaire.  Elle est une manière d'être dans le quotidien de la vie au delà de la pratique sportive.

 

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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 13:55

Voir dans la revue de l'INREES n° 17, l'expérience extraordinaire vécue par Lodewijk Allaert. Voici un extrait qui décrit une expérience de l'état de "flux". Il décrit avec simplicité cette expérience rare et si difficile à traduire avec des mots. 

 

Dans son livre, Rivage de l'Est, en kayak du Danube au Bosphore, l'auteur nous décrit une expérience extraordinaire qu'il a vécu avec sa compagne  Kristel, lors du passage du cap Kaliakra sur la mer noire. Alors qu'ils sont dans la tempête, leur Kayak risque d'être happé par ma mer déchaînée. Alors qu'il est à bout de souffle et sur le point de lâcher prise, il sent en lui une étrange sérénité.

 

Voici ce qu'il en dit : "J'ai l'impression de me débarrasser de quelque chose que d'autres devront porter. D'un fardeau. L'idée de la mort peut être ? Ces quelques secondes sont d'une intensité inouïe. La caresse du soleil et du vent sur ma peau, l'odeur saline, la lumière, les couleurs, les contrastes. J'ai la sensation de découvrir tout ça pour la première fois, ou de le vivre autrement, de l'intérieur, comme si chaque atome de mon corps s'était dispersé au monde. Comme si je ne faisais plus qu'un avec le tout qui m'entoure. Tout se déroule extrêmement lentement, une autre vitesse est en marche et je me vois au ralenti plonger les pales de ma pagaie. Derrière, les vagues s'écrasent contre les rochers et des gerbes d'eau jaillissent pour retomber comme des averses tout autour de moi. Je jette un regard au dessus de mon épaule. Je m'arrête, me retourne encore une fois pour m'assurer que je ne rêve pas......".

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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 14:17

Être pleinement dans l'effort est une posture à travailler à l'entraînement au même titre que les autres aspects qui participent à la réalisation d'une performance optimale.

 

Cette posture se travaille au même titre que les gammes d'un athlète ou d'un musicien. C'est à chaque entraînement que l'athlète se doit d'être intentionnellement dans l'effort. Un des rôles de l'entraîneur, du préparateur physique ou du préparateur mental est d'amener les athlètes à être dans cette intention de la présence à l'effort à chaque séance. C'est l'apprentissage de la présence à l'instant présent, à soi et aux autres. C'est aussi une approche intelligente dans le quotidien de la préparation à la prise en compte des état de surstress.

 

Quelques pistes pour apprendre à être pleinement dans l'effort :

- Dés l'échauffement, une fois les temps de convivialité passés (accueil, échanges de nouvelles...), se centrer sur les sensations kinesthésiques, les ressentis venant de l'intérieur sans jugement dans une attitude d'acceptation pleine et entière de ce que je ressens, perçois.

- Lors des situations de charge proprement dites, se fixer sur un point d'attention-concentration pendant un temps donné. Pour des sports à activités cycliques tels que athlétisme, natation, cyclisme, ski de fond, raid, triathlon, cela peut prendre les formes suivantes :

 Fixer l'attention sur la respiration, par exemple, insister sur le temps d'expiration.

 Fixer l'attention sur la poussée des appuis lors d'un travail en côte chez des athlètes.

 Fixer son attention sur le relâchement de l'ensemble du corps ou d'une partie bien spécifiée du corps.

- Lors des entraînements entraînant des douleurs recherchées, séance dite de lactique par exemple, (les sportifs utiliant plus souvent le mot souffrance que douleur), il s'agit d'apprendre à accepter la douleur sans tension psychique. Cela signifie pour le sportif d'identifier les douleurs dites "normales" et les douleurs qui sont le signal d'un problème physique informant d'une blessure. Pour les premières il s'agit d'apprendre à l'accepter, à faire avec, tout en restant relâché, car c'est ce qui est recherché. Pour les secondes il importe d'arrêter de suite l'entraînement.

 

Dans cette approche d'une présence à l'effort le sportif apprend ainsi à se connaître. Au delà des performances réalisées et des défis relevés, la pratique sportive participe d'un apprentissage du soi profond quand elle est abordée dans une vision humaniste et non mercantile.

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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 07:24

Dans l'un de ces derniers livres, le Docteur Jean Jacques Charbonnier (anesthésiste-réanimateur) qui recherche sur les états modifiés de conscience donne l'exemple d'un joueur de football qui a vécu une expérience de "flow" particulièrement intense. Voici le témoignage de ce joueur :

 

" Je venais d'avoir le ballon et je devais passer cinq joueurs pour marquer. C'est à ce moment-là que je suis sorti de mon corps et que j'ai parfaitement vu les déplacements de tous les joueurs même ceux qui étaient derrière moi. Je me voyais aussi puisque j'étais au-dessus de moi. J'ai pu passer les cinq joueurs sans difficulté puisque je savais où ils voulaient aller puisqu'en même temps que j'avançais je lisais leurs pensées. J'ai traversé la défense comme dans du beurre et j'ai tiré pour marquer. Quand j'ai tiré, j'ai vu la trajectoire du ballon au ralenti, c'était super et splendide. Grâce à ce but mon équipe a été qualifiée. Ma soeur qui s'intéresse à vos recherches m'a conseillé de vous écrire...mais je vous demande de ne pas donner mon nom si vous parlez de mon cas car je n'ai pas envie qu'on me prenne pour un barge".

 

Cet état de "flow" assez extraordinaire arrive plus souvent qu'on ne le croit dans le cadre d'une activité physique intense. D'après les travaux de Jean Jacques Charbonnier 4% de sportifs vivraient une telle expérience. Mais cet état de sortie hors du corps interpelle notre conception matérialiste occidentale. De ce fait rares sont les sportifs qui osent s'exprimer sur ce qu'ils ont vécu. Comme ce joueur de football, ils ont peur de passer pour des "barges". Or cet état est naturel. Il Peut se produire à tout moment quand un sportif est totalement dans la présence à l'effort.

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31 août 2012 5 31 /08 /août /2012 06:49

C'est avec l'accord de l'INREES que je mets en ligne cet article que vous pouvez retrouver sur leur site à l'adresse suivante.

http://www.inrees.com/articles/sport-corps-esprit-zone-etat-grace/


Dans l’effort, les sportifs vivent parfois des expériences extraordinaires entre le corps et l’esprit. De nombreux champions interviewés dans le documentaire Play l’évoquent à demi-mots. Quel est cet état d’hyperconcentration et comment le développer ? Comment être dans « la Zone », cet état de grâce que tous les sportifs veulent atteindre ? Enquête et témoignages de grands sportifs.

 

« Quand on regarde bien, je ne cours pas vite, je ne saute pas très haut, je ne suis pas vraiment costaud mais la différence avec les autres joueurs, c’est que je voyais les choses avant les autres. J’en suis convaincu. C’est ce qui faisait ma force, j’étais tout le temps dans le tempo. Je voyais une seconde avant les autres. » - Zinedine Zidane, footballeur.

 

« Arrive un moment où tout se joue au mental. Le gars à côté est dans le même état que toi. Il ne reste plus que quelques mètres à parcourir et c’est au plus profond de soi qu’il faut aller puiser pour faire la différence. Savoir que tu as cette force en toi est un sentiment extraordinaire. » - Oscar Pistorius, sprinter.

 

« A un moment donné, vous ne maîtrisez plus rien. Il y a une sorte de lâcher-prise quand c’est dur physiquement. Quand vous arrivez au bout du rouleau, il y a un moment où on ne peut plus prévoir ce qu’il va se passer. » - Justine Hénin, tennis woman.

 

En quoi le mental est-il aussi important que la préparation physique ? Quel est ce phénomène étrange où le sportif agit soudain dans un état de fluidité, sans conscience de soi, sans penser, comme s’il jouait instinctivement, comme s’il était « agi » ? Comment parvenir à l’excellence ? L’intuition serait-elle la qualité indispensable pour devenir un champion ?

Les nombreux sportifs qui participent aux Jeux Olympiques ont tous un très haut niveau. Ce qui va faire la différence et les hisser au rang de champions, c’est « leur capacité intrinsèque à se mettre dans un état d’éveil intérieur pour être le plus rapide, le plus vif, le plus intuitif possible afin d’anticiper les actions de l’adversaire ou la trajectoire d’une balle », explique Eric Parein, médecin du sport à Crach dans le Morbihan, coach sportif professionnel et formateur. « Pour certains, il y a une part innée, pour les autres, cela peut se travailler. » Les sportifs le savent : pour optimiser leurs performances et rechercher la perfection, la préparation mentale est aussi importante que le physique. A ce titre, l’ancien joueur américain de basket en NBA, Kareem Abdul-Jabbar, déclarait un jour après un match : « la clé du succès, c’est de jouer avec son âme autant qu’avec son corps. »

 

En effet, les pensées nourrissent les émotions qui, elles-mêmes, déterminent une action. Ainsi, les sportifs s’appliquent à apprivoiser leur mental. « Il est très fréquent que les sportifs fassent appel à des techniques qui sollicitent l’inconscient, principal réservoir d’apprentissages, lieu de ressources et de sagesse. Il existe pour cela différentes techniques. D’abord, des exercices de visualisation mentale : à l’entraînement, le sportif va imaginer la course parfaite, y intégrer d’éventuelles situations d’échec et anticiper des réponses au cas où cela lui arrivera dans la réalité matérielle pour adopter des automatismes, et avoir des gestes correcteurs sans passer par des phénomènes de réflexion. L’hypnose ericksonienne fonctionne très bien aussi car elle permet de faire appel à des circuits non mentaux. La respiration, la méditation, la Programmation Neuro-Linguistique ou encore la sophrologie vont également être utilisées dans les phases analytiques de recherche de ressources intérieures. Quand par exemple, un sportif répète, en compétition, la même situation d’échec, il va se confronter mentalement à ses erreurs, les verbaliser, les conscientiser, puis imaginer une situation de réussite. Tous ces outils ne conviennent pas à tous les compétiteurs. C’est au coach mental de choisir la technique en fonction de la personnalité de chaque sportif. Il faut tenir compte de sa religion, de sa culture, de ses croyances, de son éducation, de son idée du sport et de la victoire... Certains champions veulent gagner pour eux, d’autres pour leur famille, pour leur pays, pour Dieu... Tout ce qui constitue un individu interfère dans le processus d’entraînement et d’optimisation des performances. »

 

Une « zone » que tous les sportifs veulent atteindre

 

Toutes ces techniques mentales de coaching offrent un précieux sésame pour tenter d’accéder au saint Graal : la « Zone », cet état d’éveil intérieur, synonyme de performance maximale, après lequel courent tous les sportifs. Un état de grâce, que l’on peut presque qualifier d’état second, où tout leur réussit. Où, comme l’explique Zinedine Zidane, les joueurs sont capables de se dépasser et d’agir avec un temps d’avance. Un moment d’hyper intuition où le footballeur semble avoir le ballon collé aux crampons, et anticipe le jeu de l’équipe adverse. Ce bref instant où le joueur de basket réussit tous les shoots qu’il tente, et se sent inébranlable. Ces quelques secondes où le tennisman va pressentir la trajectoire exacte de la balle, où le nageur va exécuter sa dernière longueur en remontant tous ses concurrents de manière presque surhumaine pour gagner la course. Les Anglo-Saxons l’appellent le « flow », la communauté scientifique, la ZOFI (Zone Optimale de Fonctionnement Intérieur) ou Zone Optimale Individuelle de Fonctionnement (ZOIF). « On sait que les zones cérébrales qui centralisent les prises de décision sont sous la dépendance de phénomènes physicochimiques qui vont entraîner une cascade d’effets métaboliques, et sécréter des neurohormones », explique Eric Parein. « Longtemps, on a cru qu’atteindre la Zone relevait du coup de chance. Aujourd’hui, on sait qu’on peut aider les joueurs à se mettre en condition. Pour cela, il est indispensable que l’esprit, le corps et les émotions soient dans un état particulier d’intégrité, d’harmonie et de synergie. »

 

 

Dans son ouvrage Flow : The Psychology of Optimal Experience, publié en 1990, le psychologue hongrois Mihaly Csikszentmihalyi, qui s’est intéressé à ce phénomène depuis 1975, explique que ce « flow » est expérimenté lorsque le sujet est totalement absorbé par son activité. Le psychologue parle de « motivation intrinsèque », un état caractérisé par « un sentiment de grande absorption, d’engagement, de concentration, de domination et de talent au cours duquel les préoccupations temporelles sont totalement ignorées, et où l’ego disparaît. Le temps passe vite. Chaque action, chaque mouvement et même chaque pensée découle naturellement et inévitablement de la précédente ; tout votre être est impliqué et vous utilisez vos compétences à l’extrême. » Une harmonie totale entre la pensée et les gestes, entre le corps et l’esprit. Le coureur automobile Ayrton Senna qui a connu la « Zone » déclarait : « J’étais en pôle position. Soudain, j’ai compris que j’avais deux secondes d’avance sur tout le monde. J’ai alors réalisé que je ne conduisais plus la voiture consciemment. Je la conduisais comme instinctivement. J’étais comme dans un tunnel : tout le circuit était un tunnel. Je continuais, encore et encore. J’avais largement dépassé mes propres limites mais j’étais toujours capable d’aller encore plus vite et de prendre encore un peu d’avance. » Pelé, un des meilleurs joueurs de football de l’histoire du ballon rond, quant à lui, dira en commentant ses exploits : « J’ai plusieurs fois ressenti comme un étrange calme, suivi d’une sorte d’euphorie. J’avais l’impression de pouvoir courir une journée entière sans fatigue, de pouvoir dribbler à travers toute l’équipe, à travers tous mes adversaires, comme si je pouvais presque leur passer à travers physiquement. ». Même impression durant certains sports d'endurance comme le cyclisme.

 

Des préparations spécifiques pour les Jeux Olympiques

 

Pour rester dans la « Zone », les sportifs apprennent, durant leur préparation mentale des techniques d’ancrage qu’ils utilisent sur le terrain, pendant la compétition. « Quand soudain, le joueur a des doutes, qu’il est près de la spirale de l’échec, il peut remobiliser son énergie intérieure avec une image mentale ou un geste physique qui, dès qu’il va le reproduire, va déclencher une cascade neurohormonale, » précise Eric Parein. « En tennis, les joueurs utilisent beaucoup cette technique d’ancrage. Rafael Nadal, par exemple, frotte cinq fois son bras avec sa serviette, Ivan Lendl, lui, s’arrachait les cils. »

Qu’en est-il des sportifs qui participent aux Jeux Olympiques ? Ont-ils tous reçu une préparation mentale pour avoir toutes les chances de monter sur le podium ? « Oui, pour l’immense majorité des athlètes, répond Eric Parein. En particulier, les Anglo-Saxons (Américains, Australiens, Canadiens...). En France, certains y ont recours mais c’est plus rare. Ces techniques de visualisation mentale, de concentration ou d’ancrage sont encore méconnues et donc peu utilisées car les entraîneurs estiment déjà posséder les armes nécessaires et suffisantes pour préparer les sportifs. Pourtant, la demande est croissante et de plus en plus de sportifs partent faire une préparation mentale à l’étranger. Je pense que les choses vont évoluer dans le bon sens. »

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22 août 2012 3 22 /08 /août /2012 14:41

Voici en quelques mots le compte rendu d'une expérience dans la zone lors d'un raid pédestre en moyenne et haute montagne dans les Alpes française.

 

Le contexte du raid :

Une randonnée en autonomie et en groupe réduit de six personnes pendant 12 jours (sans but compétitif) avec des temps de marche compris entre 6h00 et 11h00 (pauses comprises) avec un sac à dos de 15 kilos. Le dénivelé cumulé moyen est proche de 1500m pour une oscillation comprise entre 1200 et 2000m de dénivelé cumulé. Le nombre de kilomètres total pour les douze jours est proche des deux cents.

A travers ces randonnées montagneuses je suis à la recherche par la marche : d'une activité physique nécessitant un effort d'endurance, d'un contact avec la nature, de temps contemplatifs et méditatifs, d'un partage d'expériences avec des proches qui adhèrent à ce projet.

 

Un moment exceptionnel d'aisance :

A plusieurs reprises durant ces douze journées il y a eu des expériences que je qualifierai d'état de flow. Ils m'arrivent sans que je les recherche spécialement. Un des moments fut particulièrement intense et mérite d'être décrit avec la limite des mots.

Le groupe est très hétérogène en matière d'aptitude à la marche en montagne et de niveau d'endurance. Pour ma part, je marche le plus souvent en maîtrise respiratoire totale, et ce même dans les pentes à fort pourcentage (60-75%). Dece fait je suis dans une marche lente adaptée au profil du terrain, en moyenne en montée je suis entre 250 et 300 mètres de dénivelé positif à l'heure. Le plus souvent je suis sur une base de six temps d'expiration pour trois temps d'inspiration (voir l'approche Breathplay de I.Jackson). C'est cette dernière que j'adaptais lors des épreuves d'ultra-distance en vélo.

Compte tenu de mon niveau actuelle de condition physique, je marche plus lentement que les personnes du groupe qui sont pour certaines d'un niveau national dans les épreuves de 1/2 fond en athlétisme.

 

Or un matin lors d'une ascension de plus de 600m de dénivelé positif, je me suis mis dans les pas du marcheur le plus rapide du groupe. Et c'est dans ce contexte que j'ai vécu cette expérience de la zone que je qualifierai de "forte". Voici ce que je peux en dire quelques jours après. Je percevais que je montais vite, même très vite et ce dés les premiers mètres. Mon attention était rivée sur les pieds du marcheur qui me précédait. Je ne quittais pas ses appuis tout en ayant une lecture parfaite du terrain. C'est comme si mes pieds savaient d'avance où ils allaient se poser. Dans les passages où il fallait enjamber, je ne pouvais suivre au même rythme le meneur qui lui avançait presque en  courant et sautant. Je recollais aisément dans les parties moins pentues. Au plan respiratoire, ma boîte automatique "breathplay" fonctionnait à plein ! J'étais sur du 4 temps expiratoires pour 2 temps inspiratoires. Une centration sur ma respiration m'amenait à me faire prendre conscience que j'insistais vraiment sur le temps expiratoire. Les automatismes travaillaient en vélo revenaient naturellement. Dans les moments où l'intensité de l'effort augmentait, je passais naturellement en deux temps d'expiration pour un temps d'inspiration. Si l'allure s'intensifiait et m'amenait dans la zone rouge (dette d'oxygène), je réduisais mon allure afin d'équilibrer les échanges et de retrouver un état de stabilité dans l'effort. A aucun moment je ne me suis soucié de notre vitesse de montée et du temps que nous mettrions pour arriver au col. J'étais dans l'effort, pleinement et entièrement. Je percevais les difficultés respiratoires des marcheurs qui me suivaient sans me retourner. J'observais et ressentais l'aisance du marcheur qui ouvrait le chemin et qui me donnait l'impression de courir, voire de voler au dessus des obstacles (pierres, rupture de pentes etc....). J'avais comme l'impression que lui et moi étions en tandem. Cette ascension m'a semblé courte en temps...De fait ce qui était prévu en trois heures pour des marcheurs moyen a été réalisé en une heure. Mais au delà de cela mon impression était d'une durée plus courte. Je m'entends dire : "nous sommes déjà en haut ! Mais nous étions il y a peu de temps tout en bas". Et en même temps, j'avais une impression de ralenti dans les temps d'effort. Cette sensation je l'avais eue plusieurs fois lors des épreuves de très longues distances en vélo, notamment une fois la mi course passée, soit après plus de dix heures d'effort.

 

Je vois encore la surprise dans les yeux du marcheur qui ouvrait le chemin et les mots qu'il me dit à l'issue de ce temps de randonnée sportive : "Mais t'es encore là ! Comment t'as fait ? Tu as l'air facile ! Et ton regard, il pétille"

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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 10:38

Conférence du 12 juillet 2012 à Audresselles dans le cadre de la pastorale du tourisme.

 

 

Résumé :

A la veille des Jeux Olympiques de Londres, l’événement sportif le plus médiatisé qui se veut être la fête et la mise en valeur du sport moderne, il peut être judicieux de montrer que sous certaines conditions, la pratique sportive en générale mais aussi celle dite de « haut niveau » peut être un des moyens de développement de l’Homme dans toutes ses dimensions : physique, émotionnelle, mentale et spirituelle.

La pratique sportive, au même titre que toute activité humaine, peut être un temps mis à profit pour éveiller la conscience de soi dans une interaction avec l’environnement et les autres. C’est cette conception d’une éthique sportive que nous promouvons et développons et non pas celle qui vise la recherche d’une performance au détriment de la santé et du développement de l’humain (dopage, tricherie, arrangement etc..).

 

 

Texte support de la Conférence :

1. Qui je suis ?

C’est avec les regards croisés du consultant, du préparateur physique et mentale, du pratiquant de cyclisme ultradistance à un haut niveau (parmi les meilleurs français entre 2006 et 2010 – recordman régional du Paris-Brest-Paris cycliste), de l’ancien entraîneur et du professeur d’éducation physique et sportive que j’échange et débats autour de cette question de l’éthique dans le sport de haut de niveau. Au delà de mon expérience personnelle, mes repères et cadres de référence sont :

- pour la  psychologie, l’approche  humaniste et positive,

- pour la psychanalyse, les approches de C.G Jung et de V.E Frankl.

- pour l’approche scientifique je m’inscris dans une approche holistique et transdisciplinaire,

- pour l’approche philosophique ce qui caractérise l’être humain est la question du sens et donc de l’être.

 

Je défends l’idée d’une pratique sportive qui quel que soit le niveau permet le développement de la personne dans toutes ses dimensions. C'est-à-dire qu’une interaction existe entre les différents plans de l’humain, le physique, l’émotionnel, l’intellectuel et le spirituel.  Tout est lié et interagit, chaque cellule de notre corps communique avec toutes les autres cellules. Une émotion a des effets sur le corps et la pensée. L’homme est bien plus qu’une « machine » mécanique. La pratique sportive peut sous certaines conditions participer à l’éveil de la conscience et de la connaissance du soi. C’est cette approche du sport qui m’intéresse et que je cherche à développer dans ma pratique d’accompagnement de sportifs (préparation mentale, préparation physique).

 

2. Clarification des concepts de cette soirée : le sport de haut niveau et l’éthique.

Etre sportif de haut niveau peut se caractériser par les indicateurs suivants :

-         Des performances de haut niveau (national) et ce quelle que soit l’âge du sportif.

-         Un investissement en temps conséquent dans la pratique. Le temps de la vie sportive requiert en engagement en quantité et qualité avec, parfois, les risques d’un surinvestissement. Les volumes d’entraînement sont, le plus souvent, au-delà des 10h00/semaine même pour des adolescents (cf les temps d’entraînement dans les centres de formation, dans les pôles élites etc…).

-         Le sport devient pour la personne une des priorités voire la priorité en terme d’engagement psychique. Le danger est le surinvestissement dans cette vie sportive avec désengagement de la vie affective, de la vie sociale, voire de la vie professionnelle. Le sport dans ce contexte peut être une fuite, au même titre que la fuite dans le travail ou tout autre forme de conduite addictive. Ce qui amène au risque de vivre dans une bulle, dans une réalité spécifique et déconnectée des autres réalités.

-         Un contexte de vie très stressant à l’image de notre monde actuel. Le sportif de haut niveau a à apprendre à vivre avec cet état latent de tension. Un des rôles des éducateurs, des entraîneurs et de l’entourage étant d’apprendre au sportif, surtout quand il est jeune, à se ménager des temps de ressourcement psychique, mais aussi lui apprendre à prendre de la distance avec les événements, avec les médias etc…. Bref apprendre à vivre dans le présent.

-         Une psychologie particulière avec de très haut niveau de motivation et d’engagement, mais aussi, paradoxalement de la fragilité en ce domaine.

L’éthique :   Définition de l'éthique

L'éthique vient du grec ethikos, moral, de ethos, moeurs. C'est la science de la morale et des moeurs, sur les valeurs de l'existence, sur les conditions d'une vie heureuse. C'est aussi une réflexion sur les comportements à adopter pour rendre le monde plus habitable. En cela, l'éthique est une recherche d'idéal de société et de conduites de l'existence. L'éthique s'attache aux valeurs et s edétermine d emanière relative dans le temps et l'espace, en fonction d ela communauté humaine à laquelle elle s'intéresse.


3. Le sport de haut niveau un analyseur de notre société occidentale, moderne, industrielle, technologique et globalisante.

C’est le modèle de la performance, du toujours plus fort, toujours plus vite, l’image du winner. En ce sens interroger le sport de haut niveau, le sport spectacle, est un bon analyseur de notre société, de ses valeurs, de ses avancées et de ses dérives. A ce titre je ne peux que vous encourager à lire le livre d’Albert Jacquard « éloge du 4ème ».

Le sport de haut niveau est un révélateur de notre époque, de notre société dans ces aspects positifs et négatifs.

 

Parmi les points positifs, nous pouvons mettre en avantla santé globale avec des indicateurs liés à l’augmentation de la durée de vie et des niveaux de performance réalisés à des âges pourtant avancées. Je ne prendrai que mon exemple, c’est à plus de cinquante ans que j’ai réalisé les meilleures performances de ma carrière de cycliste ! J’ai pu bénéficier de l’aide de spécialistes de la santé qui m’ont permis d’atteindre mes objectifs sportifs sans mettre en danger mon corps (ostéopathe, cardiologue, homéopathe, naturopathe etc…). Les avancées technologiques permettent d’améliorer les performances, d’affiner la préparation physique, de réduire les blessures par l’utilisation de matériaux adaptés etc..

Le sport participe à la construction du lien social. Il suffit d’observer l’impact du sport dans les différents niveaux de notre société. Le Tour de France fait partie intégrante de la vie sociale et culturelle française durant le mois de juillet. Il suffit de regarder les retransmissions télévisées et de constater la quantité de personnes présentes le long du parcours. Le monde va vivre dans le mois qui vient au rythme des Jeux Olympiques. S’engager en tant que sujet dans un club sportif participe à tisser un réseau social qui interagit avec les autres systèmes d’une communauté plus vaste que la communauté sportive. A ce titre, le sport moderne a une vertu politique au sens de participation à la vie de la cité.

 

Parmi les points négatifs, nous pouvons mettre en avant les dérives financières du sport spectacle professionnel. Les revenus de sportifs professionnels dans les sports très médiatisés ont dans le contexte de notre époque quelque chose  d’indécent. Ce n’est pas mieux que les parachutes dorés de certains grands patrons d’entreprise ou organismes d’état. ! Il y a comme une forme de cynisme en ce domaine.

Et que dire des médias qui imposent les horaires des manifestations sportives, même si c’est pour porter préjudices à la santé des sportifs, par exemple la retransmission d’épreuves aux heures les plus chaudes de la journée.

Je m’interroge sur l’identification excessive des adolescents à des modèles de sportif. Surtout quand ces derniers font preuve de peu d’éthique dans leur comportement.  Il suffit d’aller observer quelques matchs de football de jeunes pour constater des comportements et attitudes qui sont des « clones » des idoles adultes et qui interrogent éthiquement.

La politique du toujours plus gagne l’approche compétitive. Il en est demandé beaucoup à des enfants et adolescents, comme s’ils étaient des adultes en miniature. Le temps de la patience pour laisser advenir la maturité physique et psychologique n’est plus de mise, avec les effets bien connues des blessures successives, des surmenages physiques et psychiques, voire les dépressions. Au risque d’être provocant, je dirai que le jeune sportif de haut niveau, dans certains contextes culturels sportifs, est un objet. Quand il est cassé. Il est jeté !

Le toujours plus est une des raisons du développement des pratiques de dopage. Le sportif à ce titre devient l’otage d’un système qui le dépasse. Mais je reviendrai sur ce point un peu plus loin.

 

 

3. Une société qui se donne bonne conscience et qui par certains aspects est bien hypocrite, voire cynique ! Le sport se doit d’être cet espace blanc, pure. Un espace qui devrait ne pas être touché par les aspects sombres de notre société moderne, alors qu’il en est l’émanation !!!  Les sportifs dopés sont presque considérés comme des délinquants. Et qu’en est il dans les arts, la musique, la peinture, l’entreprise, la politique, la vie estudiantine lors des passages de concours, par exemple.

Il va être reproché au sportif à qui il est imposé un rythme de compétition effréné de prendre des produits stimulants pour faire face à la demande. Alors que le chef d’entreprise ou l’homme politique qui négocie des contrats nécessitant de rester éveillé en pleine capacité intellectuelle pendant plus de 24h, utilisera tous les moyens mis à sa disposition par la médecine (produits qui maintiennent éveillés et stimulant intellectuel pour augmenter la vigilance etc…) et le fera en toute impunité.

Et que dire du milieu du spectacle où il est dans les pratiques culturelles de prendre les produits stimulants qui permettent de faire face au stress ou de pouvoir enchaîner tous les jours des spectacles de plus de deux heures !

Cela ne signifie pas que je suis en accord avec ses pratiques, mais je ne peux que m’interroger au plan de l’éthique justement.

 

Naturellement, ces aspects négatifs m’amènent aux dérives du sport de haut niveau au regard d’un questionnement éthique.

 

4. Les dérives : le dopage, le financier, l’égocentrisme, le nationalisme, voire la guerre par sportifs interposés…Le combat n’est et ne sera jamais fini. C’est un fait et l’actualité récente (cf le Tour de France) montre encore combien il importe d’être vigilant et de ne pas être naïf.

Depuis que l’homme existe, il a toujours voulu aller plus vite, plus haut, plus loin. En soi cela est louable, mais jusqu’à quel point et jusqu’où ? C’est le questionnement éthique qui permet de poser les balises. Il en de même dans tous les autres domaines de la vie, le travail, la recherche, la bio-techno-science, la santé etc…

 

Le piège pour le sportif de haut niveau est l’ego sur dimensionné. Il n’existe plus que par ses résultats sportifs ! Il est alors prêt à tout pour réussir et alimenter sa névrose. Il n’existe non pas pour lui, mais pour ce qu’attendent les autres de lui en matière de performance ou de rentabilité économique. Il devient le jouet des autres, entraîneurs, dirigeants, médias, investisseurs financiers, état etc…Il rentre dans une logique du toujours plus qui peut conduire à une forme de folie dans les cas extrêmes. Le sportif à ce titre n’a pas un comportement différent d’un trader à qui il est demandé toujours plus de rentabilité, où à un chanteur à qui il est imposé des enchaînements de concert qui dépassent le possible.

 

Sur les effets du dopage sur la personne le témoignage du cycliste britannique  David Millar est éloquent. Lorsqu’il se dopait dans les années 2000 (il fut champion du monde du contre la montre), il était complètement déséquilibré. Il était à fond dans sa vie de coureur. Il n’y avait plus que cela qui comptait. Aujourd’hui, certes il n’est plus champion du monde, mais il se dit équilibré et heureux, le vélo n’est plus un fardeau. Si je puis me permettre une analyse, l’ego s’est dégonflé et il est dans une pratique sportive qui vise à l’authenticité et au développement du soi. Voici repris en quelques mots ce qu’il disait par l’intermédiaire du journal l’équipe magazine du 30 juin de cette année : « Je regrette de m’être dopé…mais je ne serais pas arrivé là sans toutes les fautes que j’ai commises. Mais, oui, je regrette de m’être dopé, parce que ça me rend fou » un peu plus loin « On parle toujours des conséquences sur la santé physique quand on parle de dopage. Mais c’est surtout la santé mentale qui est en jeu. Beaucoup ne supportent pas d’avoir dû se doper. Ils s’échappent alors dans un monde de fêtes, c’est le plus facile, mais c’est destructeur…..j’étais complètement déséquilibré. J’étais à fond dans ma vie de coureur cycliste et à fond pour m’échapper, dans la fête, l’alcool est tout ça. J’ai vécu une vie extrême…je suis devenu un personnage faux. Je prenais de la drogue alors que je ne voulais pas me doper, je savais que je trichais, que je mentais. C’était une sorte de schizophrénie. ». Et pour finir : « le combat contre le dopage n’est jamais fini. Il faut que l’on en parle de ça ». Pour ma part je rajouterai qu’il n’y a pas que dans le vélo ! Ce dernier sport a servi de bouc émissaire. C’est loin d’être mieux dans nombre de sport, d’autant que ces derniers sont moins sur le devant de la scène médiatique en la matière, et ne cherchent pas à y être !

 

 

5. Proposition d’un projet éducatif dans le sport de haut niveau. Ce projet existe, c’est le projet humaniste qui vise à former des sportifs conscients de leur choix. En amont cela nécessite des responsables politiques (dirigeants, responsables) et pédagogiques (entraîneurs, éducateurs) conscients qui savent les raisons de leur engagement dans le sport. Au nom de quoi et pour quoi (la question du sens)? Il en est de même pour un chef d’entreprise, un responsable politique, un médecin, un enseignant etc...

 

Je suis de ceux qui mettent en avant le développement de la conscience de soi par la pratique sportive. Voici mes pistes de réflexion et propositions en la matière.

 

6. Comment développer cette conscience de soi ? Comment faire en sorte que la pratique sportive puisse être un moyen d’accès à cet connaissance et réalisation de soi ?

 

Nous n’exploitons que 20% de notre potentiel humain. Les peurs, les angoisses, les événements passés, les conditionnements éducatifs se dressent comme des barrières empêchant l’exploitation des ressources physiques, émotionnelles et intellectuelles de la personne. La pratique sportive de haut niveau par l’aide de la pleine conscience peut permettre au sportif de donner dans l’instant le meilleur de lui-même au regard des ressources dont il se dispose à ce moment précis.

 

Mais qu’est ce que le pleine conscience :

Les écrits, publications, prises de paroles, témoignages portant sur la Pleine conscience ou mindfulness (terme anglo-saxon) ou méditation dans son approche humaniste sont en augmentation exponentielle dans notre pays (France).  Cette approche du développement de l'intériorité répond à un besoin de notre époque contemporaine. Elle est bien plus qu'une mode passagère.

Des recherches scientifiques récentes montrent ce que les anciennes traditions avaient découvert bien avant nous, à savoir que les temps de silence, d'intériorité sont nécessaires au développement et à l'équilibre de l'être humain. Ils sont même indispensables dans une époque où tout s'accélère, où tout doit être fait "vite" où il est imposé au sujet (dans le monde du travail comme à l'école et même dans la famille) de faire plusieurs choses en même temps, où l'être humain est en saturation d'informations et où l'éclatement intérieur ne lui permet plus d'être à l'écoute de son corps, de ses pensées et de ses émotions.

Dans certains pays (Etats Unis, Belgique, Canada, Brésil...) elle est utilisée dans les établissements scolaires. Elle a des effets d'une part, sur le développement de l'attention, de la concentration et d'autre part, sur les relations entre les personnes (apaisement, diminution des actes de violence). Elle met du calme et de  l'apaisement, là où il y avait énervement et tension.

 

 Et dans le milieu sportif, qu'en est-il ? Cette approche venue des pays anglo-saxons pour une part, s’est aussi développée, le plus souvent sans le savoir, par des entraîneurs humanistes (cf l’entraîneur de l’équipe de France de football féminine), par des navigateurs en solitaire, des alpinistes (notamment ceux que l'on appelle "himalayistes"), des apnéistes.... et plus récemment le dernier vainqueur du tour de France (2011), C.Evans. Ce qui caractérise cette approche du sport de haut niveau et de l'entraînement sportif,  c’est la présence à ce qui est en donnant à chaque action le meilleur de soi.

Le premier livre explicitant cette approche nous est venu des EU "l'athlète intérieur" de Dan Milman. Plus récemment le livre de Damien Lafont "Entrez dans la zone" est explicitement dans cette démarche de la pleine conscience. Ian Jackon qui propose l'outil "breath play" s'inscrit dans cette conception à visée globale du geste et de l'action sportive qui intègre toutes les dimensions de l'être (esprit-corps-émotions)

 

 Quels sont ses effets ?

Elle dépasse l'aspect sportif et développe un "art de vivre" et un art d'être avec soi et les autres.

Elle permet l'exploitation optimale des ressources physiques, émotionnelles, mentales...

Elle rend autonome l'athlète.

Elle permet de se révéler par la pratique sportive.

Elle vise à être pleinement "Soi" dans la pratique sportif.

 

Chez un sportif, pourquoi apprendre l’éveil des sens et la méditation (moyen d’accès à la pleine conscience)?

Pour être plus serein, plus présent à l'action.

Pour être dans le lâcher prise de l'action.

Pour exploiter le meilleur de soi au regard de ce que l'athlète dispose dans l'instant en matière de ressources.

Pour apaiser le mental en ébullition qui bloque la fluidité dans l'action.

Pour identifier et reconnaître ses peurs qui sont facteurs limitant de l'action.

Pour retrouver la confiance en soi.

Pour être stable face aux aléas d'une vie sportive faite de haut et de bas.

Pour être présent totalement à ce qui est dans l'action par une attention et une concentration affinées.

Pour être et rester dans le "bon stress" et ne pas basculer dans "l'état de surstress".

Pour réduire les blessures, les accidents.

Pour être en meilleure forme physique et psychique.

Pour récupérer plus vite.

Pour prendre plaisir à l'activité sportive.

Pour durer dans la carrière sportive.

Pour mettre de la distance avec le "bruit" médiatique.

Pour faire de la pratique sportive un temps de développement de l'être.

Pour faire de la vie sportive un temps en cohérence avec les autres temps de vie de l'athlète.

Pour être plus ouvert à soi et aux autres.

Pour accepter et réguler les situations de tension.

 

 Elle peut être pratiquée à tout moment. Elle ne nécessite pas un apprentissage long avec un expert. Mais elle réclame une pratique quotidienne. L'effort est à porter sur cette intentionnalité de s'y astreindre tous les jours, ne serait ce que quelques minutes.

 

Elle met l'enseignant, l'entraîneur ou le préparateur physique en état synchrone avec l'athlète. C'est l'aspect le plus surprenant. Celui qui enseigne la pleine conscience (qu'il soit spécialiste, entraîneur ou préparateur physique-mental) se doit d'être dans le moment de la pratique-enseignement de la pleine conscience en état de pleine conscience ! Il ne peut pas faire semblant. Il doit être présent totalement à ce qu'il fait. C'est d'abord par la posture de celui qui enseigne que passe l'apprentissage de la pleine conscience. De ce fait, cela donne un moment fort, intense, respectueux et donc puissant. Celui qui présente l'apprentissage de la pleine conscience, devient celui qui est, celui qui ressent, celui qui éprouve. Il n'y a pas et ne peut pas y avoir dans ce temps de rapport de pouvoir, de domination. En effet, l'enseignant s'expose et s'embarque lui aussi dans ce temps d'ouverture au processus psychique de la connaissance de soi.

La méditation ou pleine conscience doit être pour celui qui l'enseigne une pratique régulière et quotidienne. C'est en pratiquant que l'enseignant, l'entraîneur, le préparateur, pourra, saura accompagner l'athlète sur ce parcours à la fois simple...mais jamais aisé !

Cette approche apporte une voie nouvelle dans le monde sportif. Elle peut rebuter, déstabiliser, voire faire peur dans un milieu où les "ego" sont le plus souvent hyperdéveloppés. Le fait est que ceux qui s'engagent dans cette voie, ne reviennent pas en arrière. C'est aussi leur identité de sportif, d'entraîneur qui change, et cela pour un mieux être.

 

Un des effets de cette approche est l’expansion et la multiplication des états de flow, flux ou encore appelé « être dans la zone ». C’est l’état de l’attention et de la concentration maximum. L’athlète est totalement dans la présence à l’instant. Il peut alors être dans l’exploitation de tout le potentiel dont il dispose à ce moment. Il est dans l’anticipation constante. Il est dans la présence. Le rapport espace/temps se modifie. Le geste est fluide. Lorsque le sportif a une expérience de cet état, cela  se suffit. Et cela vaut toutes les médailles d’or.

Cet état de « flux » se contacte dans d’autres domaines que le sport. Un journaliste ou un écrivain quand ils sont pleinement dans l’écriture sont dans cet état. Un chirurgien qui effectue une opération complexe qui réclame de l’attention et de la concentration est dans cette perspective. A ce sujet, Thierry Janssen dans son livre le défi positif décrit une  expérience personnelle de « flux » lors d’une opération.

 

Dans ce contexte, un sportif qui vit ces expériences n’a nul besoin de dopage pour être plus fort que les autres ou pour battre son record. L’aptitude qu’il a à aller contacter l’état de « flux » lui suffit pour donner le meilleur de lui et aller vers la connaissance du soi. Cette expérience est à chaque fois nouvelle et riche.

 

En conclusion….nous sommes dans le sport comme dans le reste des domaines de la vie (économie, éducation, travail…) dans une phase de crise qui ne s’arrêtera pas (cf Ramon Panikar…nous sommes dans la Crise). C’est une crise de sens bien au-delà d’une simple crise économique. Une crise est de mon point de vue une chance. Certes il y a de l’incertain, de l’angoisse et du danger. Mais c’est parce qu’il y a la crise que le monde change. Ce sont les valeurs qui sont à interroger. C’est l’homme qui est à remettre au centre et pour le sportif de haut niveau, ce ne sont pas les médailles qui comptent, mais ce qu’il retire dans le développement de son être par sa pratique sportive !

 

Raymond Barbry le 12 juillet 2012 / Audresselles.

 

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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 10:45

En cliquant sur la page sport et spiritualité, j'explicite en quoi la pratique sportive peut être une ouverture au champs du spirituel.

 

Je définis la spiritualité comme le fait d'être relié. Être dans une dimension spirituelle, c'est être conscient de notre relation avec l'environnement, les autres, la nature et avec la dimension intérieure de l'être.

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 08:24

Si vous souhaitez connaître la démarche que je propose dans l'accompagnement d'athlète dans leur préparation mentale, vous cliquez dans la rubrique PAGES sur l'onglet "préparation mentale".

 

Si vous voulez en savoir plus sur ce qu'est la pleine conscience (mindfulness) et ce que cette pratique peut apporter au sportif, cliquez dans la rubrique PAGES sur l'onglet "qu'est ce que la pleine conscience"

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  • : Le blog de sport en pleine conscience - Raymond Barbry
  • : L'objet de ce blog est de promouvoir l'exploitation de la pleine conscience (mindfulness) dans la pratique sportive. Ceci afin de permettre aux pratiquants sportifs d'exploiter au mieux leurs ressources dans le respect du développement humain.
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  • J'interviens dans l'accompagnement (coaching) des sportifs de tous les niveaux. Je propose une approche de la préparation mentale qui prend appui sur les outils de la pleine conscience et sur mon expérience personnelle de sportif de haut niveau.
  • J'interviens dans l'accompagnement (coaching) des sportifs de tous les niveaux. Je propose une approche de la préparation mentale qui prend appui sur les outils de la pleine conscience et sur mon expérience personnelle de sportif de haut niveau.

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