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23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 12:09

La justesse d'une passe, la dernière ligne droite au coude à coude, le passage d'un témoin, la beauté d'un paysage en haut du sommet enfin atteint après de longues heures de marche et d'effort, le passage au sommet du col difficile, la griserie de la descente, la dernière ligne droite d'un marathon...qui n’a jamais ressenti la magie de l’émotion esthétique de l'effort physique? Un instant suspendu, une évidence inexplicable, un sentiment de transcendance….

alpinisme
Quelque chose d'extraordinaire et d'indéfinissable. L'athlète ressent et vit le jaillissement soudain d’une présence d’absolu en plein effort. Cela déclenche en l'athlète une émotion profonde, qui a le pouvoir de le mettre dans le moment présent. Il est comme arraché du flot de ses pensées. De l’harmonie extérieure naît une harmonie intérieure, qui intensifie ainsi notre présence au monde. 

L’émotion esthétique est une rencontre qui arrive à l’improviste. Il faut donc accepter de se laisser surprendre dans l'effort en lâchant le mental (l'ego), tout en se mettant en capacité d'accueillir cet état de flux (le flow, l'état de grâce). Chaque athlète vit ainsi des moments de beauté et de sensibilité qui lui apportent comme par miracle dans l'effort même l'apaisement et l'enrichissement dont il a besoin. 

Cette émotion esthétique dans l'effort a le pouvoir d'ouvrir à la diversité de l’être. A son contact, nous nous découvrons plus grand, plus petit, plus sensible. Nous développons aussi notre empathie envers d’autres visions du monde et notre envie de partage. Comme  cette expérience créait une connexion à la fois à soi et à tout le reste, un pont entre le subjectif et l’universel.

La prise de conscience d’une transcendance dans et par l'effort. Dans cette expérience nous sentons bien que quelque chose nous échappe. Elle est l’indice d’un monde harmonieux, sensible, intelligent, qui ne se réduit pas à ce qu’on en connaît. L’expérience du flow lève le voile sur cet invisible. Elle nous approche du mystère de la vie. Elle nous apprend aussi à ressentir et à réaliser sans comprendre. L’expérience de la beauté dans l'effort nous révèle que nous pouvons être grandis par la relation à ce que nous ne maîtrisons pas. Elle nous invite à accueillir l’existence d’un Ailleurs dont nous faisons partie, ici et maintenant.

Il y a quelque chose de mystérieux qu'il nous faut accepter. Je ne suis ni de ceux qui disent qu’il n’y a rien à comprendre ni à interpréter dans cette expérience, ni de ceux qui pensent qu’elle s’explique et se mesure, selon des règles précises. Rationalité et pure présence sensible ne s’opposent pas. Tout ce que nous pourrons comprendre de la beauté de l'effort ne l’épuisera pas. Elle est au-delà du pourquoi.

Il y a quelquechose qui est de l'ordre de l'intuition. C'est juste que c’est beau, que c'est ! Cette expérience esthétique nous relie à une forme de savoir intuitif, intérieur, indépendant des opinions et des pensées. En écoutant en nous une forme de présence et d’harmonie, suscitée par la beauté de l'effort, nous arrêtons de raisonner pour résonner, nous renouons avec une intelligence sensible dont nous avons particulièrement besoin, dans un monde en profonde mutation. Aujourd’hui, nous avons besoin de renouer avec notre force d’intuition. 
Faire de la place à cette beauté de l'effortIl n’y a pas de méthode ni de savoir à acquérir. Il suffit de nous ouvrir à l'instant de l'effort, de nous faire confiance, de ne pas avoir peur de cette
émotion qui s'éveille en nous, ni de ce qu’elle a à nous dire. En revanche, il y a besoin d’un éveil de la sensibilité chez les sportifs. Plus on fréquente la beauté de l'effort, plus on la voit, plus on la ressent. Il faut donc multiplier les occasions d’en faire l’expérience. C’est une histoire, un parcours. L’émotion de la beauté dans l'effort n’est pas un luxe de sportifs de haut niveau mais un moyen, accessible à tous, de vivre plus intensément le moment de l'activité.
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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 15:15

Un défi, une intention : Etre entraîneur en pleine conscience.

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Dans le métier d'entraîneur, il est bon de savoir ce qu'est la pleine conscience. Vivre en pleine conscience, c'est être à l'écoute, moment après moment, sans jamais juger. On cultive la pleine conscience en affinant ses facultés d'attention à l'instant présent, puis en s'efforçant de prolonger cette  attention de son mieux.

 

Cette posture nous rappelle que les besoins de l'athlète et ceux de l'entraîneur ne sont peut être pas toujours les mêmes, mais qu'ils sont interdépendants.

 

La pleine conscience apporte à l'entraîneur un cadre permettant de prêter attention à chacune des actions et de voir une réalité plus profonde.

 

Entraîner en pleine conscience suppose de garder à l'esprit ce qui compte vraiment dans notre vie avec nos athlètes. La relation entraîneur/athlète vue sous l'angle de la pleine conscience apporte à chacun des bienfaits considérables qui se découvrent dans le temps de la rencontre. C'est un processus d'approfondissement de notre capacité à être présent et à agir sereinement et calmement.

 

Pour entraîner en pleine conscience, nous avons à diriger une partie de notre énergie vers l'intérieur, vers notre esprit, notre corps,  notre expérience pour prêter plus systématiquement attention à la vie interne et externe de nos athlètes. Nous sommes plus souvent détendus, plus optimistes, moins stressés et il se dégage du calme et de l'assurance. 

 

Parce qu'elle est avant tout une posture, qu'elle n'est pas une méthode et parce qu'elle est liée à la qualité de notre expérience humaine et à notre degré d'attention, la pleine conscience est pertinente dans toutes les circonstances. Elle ne nous dit pas quoi et comment faire, elle est un moyen d'écouter, de prêter attention à ce qui nous paraît important et d'élargir notre champ de vision à n'importe quelle situation et dans n'importe quelles circonstances.

 

 

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4 mai 2013 6 04 /05 /mai /2013 07:16

Au delà des compétences techniques et des connaissances indispensables à l'exercice du métier,les qualités "d'être" sont aussi incontournables pour révèler les qualités des athlètes. Un sportif est d'abord un être humain. Il est bien plus qu'une "machine" à réaliser des performances.

 

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La formation des entraîneurs, qu'ils soient professionnels ou bénèvoles, -  c'est valable pour nombre de professions tels que : les métiers de la santé, de l'éducation, du social, du management...- devrait prévoir une initiation, comme dans les sociétés traditionnelles où celui qui se destine à enseigner, à soigner, à former doit se confronter à lui même pour découvrir qui il est avant d'assumer ses responsabilités.

Dans le cadre de la formation des entraîneurs devraient être abordées les questions et les contenus suivants : Pourquoi est-ce que j'entraîne ? Quels en sont les enjeux ? Quels sont mes doutes, mes peurs, mes angoisses par rapport à ce métier ou à cet engagement ? Comment accompagner dans une maîtrise qui permet de ne pas simplement réagir, mais aussi d'être à l'écoute et d'agir en pleine conscience au services des athlètes ?

 

Entraîner c'est aussi une relation d'aide. Dans notre société occidentale (d'autant plus française), on repère avant tout ce qui ne va pas dans un souci constant de le corriger. Il est rarement dit ce qui est merveilleux, remarquable et qui ne demande qu'à être exprimé. Nous avons à prendre le temps de mettre en valeur ce que chaque athlète a de singulier.

 

 

Ce qui donne le plus de sens à la vie d'un sportif (comme de tout être humain), c'est  d'être en lien avec les autres, d'être en cohérence avec soi et de pouvoir exprimer le meilleur de soi dans l'interaction avec les autres et dans les projets visés.

La recherche de sens implique de prendre conscience de nos peurs, de nos blocages et de nos manques, d'accepter nos imperfections, et d'explorer nos névroses pour ne plus être dirigées par elles, sans quoi nous recréons ce que nous cherchons à éviter. L'entraîneur a à apprendre aux athlètes (jeunes et moins jeunes) à ne pas tomber dans ces pièges. mais pour cela il importe qu'il est lui même fait ce travail sur lui.

 

Au lieu de blesser les athlètes en les poussant au perfectionnisme, nous devons les élever en leur faisant prendre conscience de ce qui est déjà parfait en eux. Entraîner un athlète (sportif), d'autant plus un jeune, nécessite de faire un vrai travail sur soi. On participe à faire d'un sportif un homme ou une femme en les révèlant à ce qu'ils sont vraiment, et en quoi la pratique et l'engagement sportif leur permet de se révèler.

 

Entraîner, enseigner, soigner sont parmi les plus beaux métiers du monde. L'avenir  du sport est dans les mains des entraîneurs et de leur éthique.

 

 

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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 07:03

Quand un athlète est dans la présence, il fait ce qu'il a à faire avec fluidité. Faire du sport dans cette intention et cet état est un vrai délice. Le duo corps/esprit est détendu et  agit avec aisance, même lors d'effort long et intense. Un athlète qui est ancré dans cet état de conscience est un athlète relâché qui, sur un plan physique répond spontanément et de manière adaptée. Il est en phase avec lui même. Tout fonctionne physiquement sans accroc, et l'esprit est calme.

 

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Les athlètes qui développent cette approche et cette manière d'être dans l'effort, se blessent peu. Ils perçoivent avec finesse tous les messages du corps. Intuitivement ils savent s'il faut s'arrêter ou poursuivre l'effort. Ils savent appliquer la juste charge d'entraînement et adapter les programmes d'entraînement à leur ressenti.

 

Le sportifs qui  voient par le sport l'opportunité d'obtenir de la notoriété, un statut, gagner de l'argent, et renforcer un ego déjà bien sur-dimensionné ne peuvent exploiter au mieux leurs aptitudes. Dans cet état d'esprit la joie de pratiquer disparaît. L'entraînement peut même devenir une contrainte. 

 

A contrario, un athlète qui est ancré dans le soi  (intériorité) parle de ses résultats le plus souvent de la manière suivante : "j'étais en phase avec moi-même. Tout Fonctionnait physiquement sans accroc, et j'avais l'esprit parfaitement calme". Faire du sport en conscience est un vrai délice (un vrai moment de bonheur) et peu importe le résultat. C'est l'expérience vécue qui importe.

 

La performance sportive commence dans le mental ! Ce dernier est le contenant de nos pensées. Nous regardons le monde au travers de nos cinq sens. les messages sensoriels nous arrivent à l'esprit pour iy être traités, puis dans le cas où nous décidons d'exécuter une action qui se révèle nécessaire, notre corps répond présent, de manière à réaliser ce que nous souhaitons. De manière simplifié nous pouvons dire que l'esprit/mental c'est le chauffeur, et le corps la voiture. le corps est véhicule de la conscience. Il la promène ici et là, de telle manière que la conscience puisse expérimenter au travers des cinq sens et accroître la connaissance relative que nous avons de notre environnement.

 

Lorsque la conscience est conduite par l'ego, c'est la peur qui domine nos motivations et nous ne pouvons pleinement apprécier l'expérience. L'athlète n'est plus dans la présence. Il se contracte, perd en aisance et fluidité.

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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 08:33

Etre dans la présence (flux), c'est lâcher le mental. C'est lâcher prise.

La préparation mentale telle que je la propose est une forme de paradoxe qui consiste en s'appuyant sur le mental à s'en défaire, à s'en mettre à distance dans l'action. En effet, pour être totalement dans l'effort et donner le meilleur de soi, il importe d'être le plus possible dans la présence à la situation telle qu'elle est. C'est le lâcher prise. C'est être dans l'instant présent !  C'est une invitation à cesser de se cramponner aux choses. c'est abandonner la contrainte, la lutte, la résistance, pour quelque chose de plus fort et de plus sain, issu de notre acceptation des événements tels qu'ils sont  et non pas comme je voudrais qu'ils soient. C'est parce que le sportif est complètement dans la présence de l'action qu'il peut exploiter toutes ses potentialités du moment.

 

Ouverture à l'intuition dans l'effort.

Cette approche par la pleine conscience dans l'effort est la porte ouverte à l'intuition (intelligence intuitive). Le sujet est "branché" en direct et en temps réel avec ses ressentis (intériorité) et l'environnement (extériorité). Il se met à distance du rationnel, du calcul, et du contrôle de la situation, Il est pleinement dans la situation.

 

Réactivité et fluidité.

Le sujet est de ce fait plus réactif. Les décisions se prennent dans l'instant. Il accepte l'incertitude de la situation.

Il est dans la fluidité, Cela se perçoit visuellement de l'extérieur. Les gestes sont liés. il n'y a pas de rupture dans les mouvements. 

 

La force de l'intention.

Cet état de conscience à la présence de l'instant ne se programme pas. Il s'entretient et s'apprend par un travail quotidien d'exercices dits de pleine conscience. C'est ce niveau d'intention qui est exigé pour garder vivant dans le quotidien cette manière d'être à toute situation de la vie. Lorsqu'elle se produit en situation d'entraînement ou de compétition, elle se vit. 

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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 10:55

Depuis octobre 2012,  j'ai repris des fonctions d'entraîneur, non pas en cyclisme, mais en athlétisme (1/2 fond). Je suis plus particulèrement  un petit groupe d'athlètes des catégories cadet et junior garçon. Ils appartiennent à un des très bons clubs français d'athlétisme (le RCArras-6ème club espoir  français en 2012 /  40 athlètes qualifiés pour le national de cross 2013).

 

J'associe dans la préparation avec les athlètes, à la fois, l'aspect physique et l'aspect mental. Pour ce dernier point je développe chez eux des mises en situation d'entraînement où j'intégre un travail de pleine conscience à la situation. Il s'agit de communiquer des consignes sous forme d'intention avant la mise en  situation d'effort,  et de faire des rappels dans le temps de l'action.

 

Le travail sur les émotions est important, notamment lors des périodes compétitives. Par les échanges nombreux que nous avons, j'accompagne la verbalisation des émotions négatives et je les aide à s'appuyer sur les émotions positives que dégage une pratique sportive de haut niveau. 

 

Je mets l'accent sur l'attention-concentration, la présence à l'instant, la prise de conscience des ressentis, des sensations dans le temps d'effort. Ce travail a pour moi autant d'importance que l'effet des charges d'entraînement sur l'athlète et les chronos réalisés.

 

J'exploite l'outil de Ian Jackon  "Breath Play" dans l'approche de la respiration dans les temps d'effort. Cette méthode permet de très vite identifier les points seuils dans les différents types d'effort.

 

Se détacher des chronos. Ce n'est pas la moindre de mes intentions. Les athlètes (surtout en 1/2 fond) ont une dépendance au chrono qui est limite addictive !  Dans nombre d'entraînements, je leur demande de s'en détacher, de se baser sur leurs ressentis. je me charge de communiquer si besoin, les temps de passage.

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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 09:27

Cette question m'est souvent posée par des entraîneurs, des sportifs qui s'interrogent sur les bénéfices objectifs en matière de performance d'une démarche de préparation mentale et plus particulièrement celle qui s'appuie sur les outils de la pleine conscience.

 

Chaque athlète est unique.

Il n'y a pas de réponse généralisable en ce domaine. Chaque sportif est différent, en ce sens que chaque histoire est singulière et spécifique surtout dans le domaine du mental et de la psyché humaine. Il en est de même pour les aspects de la préparation physique. Chaque charge d'entraînement a un impact spécifique sur chaque sportif. Certes il existe des règles de base. Mais le point fondamental est la connaissance intime que l'athlète a de ses sensations.

 

Je peux témoigner des effets sur un ou des sportifs que j'accompagne en ce domaine, mais cela ne signifie en rien qu'il en sera de même pour un autre. Les données chiffrées peuvent être parfois surprenantes. Concrètement, pour exemplifier un athlète que je suis, c'est le passage d'un niveau régional à un niveau national en l'espace d'un mois.

 

D'abord, un mieux être dans la manière d'aborder la compétition.

C'est de mon point de vue un des éléments clef pour que le sportif puisse vivre pleinement l'épreuve, comme un moment unique en soi. C'est  donner le meilleur de lui au regard des ressources qui sont les siennes dans le moment de l'épreuve. Concrètement, c'est : moins de peur et d'angoisse, une envie d'être dans la compétition, une envie de donner le meilleur de soi sans se fixer nécessairement de but de classement ou de performance, une intention d'être pleinement dans l'effort et de vivre ce moment unique en soi.

 

Une révolution copernicienne, faire avec et non se battre contre !

C'est ce qui est difficile pour nombre de sportifs, d'athlètes et d'entraîneurs qui veulent à tout prix se battre contre le chrono, contre l'autre qui peut être l'adversaire à battre, voire à abattre etc...

Il s'agit de passer de la dureté à la fluidité mentale. Et c'est ce qui est le plus difficile dans un milieu marqué par la culte de la compétition à outrance, de la perfection, du toujours plus, et des "ego" surdimensionnés.

 

Accepter le résultat tel qu'il est et non tel que l'athlète et l'entraîneur le souhaiteraient.

Quelle que soit la performance réalisée. Elle est. Je l'apprécie à sa juste mesure. J'en tire les conséquences qui s'imposent et je passe au moment suivant, voire à l'épreuve suivante.

 

Remettre la pratique sportive-compétitive à sa juste place.

Ce n'est pas un des moindres effets que de savoir être présent à ses différents temps de vie. Le sportif apprend à prendre de la distance avec une vie sportive qui peut être hypertrophiée par rapport aux autres temps de vie. Cela ne signifie pas moins de pratique sportive, mais une présence en qualité aux autres temps de vie (professionnel, affectif, familial etc...).

 

Cette approche permet au sportif d'être plus conscient, plus humain, moins robotisé. Elle intervient sur tous les aspects de la personne (cognitif, émotionnel, physique et spirituel). Elle n'est pas une nouvelle recette ou un nouveau concept. Elle n'a rien de révolutionnaire.  Elle est une manière d'être dans le quotidien de la vie au delà de la pratique sportive.

 

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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 13:55

Voir dans la revue de l'INREES n° 17, l'expérience extraordinaire vécue par Lodewijk Allaert. Voici un extrait qui décrit une expérience de l'état de "flux". Il décrit avec simplicité cette expérience rare et si difficile à traduire avec des mots. 

 

Dans son livre, Rivage de l'Est, en kayak du Danube au Bosphore, l'auteur nous décrit une expérience extraordinaire qu'il a vécu avec sa compagne  Kristel, lors du passage du cap Kaliakra sur la mer noire. Alors qu'ils sont dans la tempête, leur Kayak risque d'être happé par ma mer déchaînée. Alors qu'il est à bout de souffle et sur le point de lâcher prise, il sent en lui une étrange sérénité.

 

Voici ce qu'il en dit : "J'ai l'impression de me débarrasser de quelque chose que d'autres devront porter. D'un fardeau. L'idée de la mort peut être ? Ces quelques secondes sont d'une intensité inouïe. La caresse du soleil et du vent sur ma peau, l'odeur saline, la lumière, les couleurs, les contrastes. J'ai la sensation de découvrir tout ça pour la première fois, ou de le vivre autrement, de l'intérieur, comme si chaque atome de mon corps s'était dispersé au monde. Comme si je ne faisais plus qu'un avec le tout qui m'entoure. Tout se déroule extrêmement lentement, une autre vitesse est en marche et je me vois au ralenti plonger les pales de ma pagaie. Derrière, les vagues s'écrasent contre les rochers et des gerbes d'eau jaillissent pour retomber comme des averses tout autour de moi. Je jette un regard au dessus de mon épaule. Je m'arrête, me retourne encore une fois pour m'assurer que je ne rêve pas......".

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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 14:17

Être pleinement dans l'effort est une posture à travailler à l'entraînement au même titre que les autres aspects qui participent à la réalisation d'une performance optimale.

 

Cette posture se travaille au même titre que les gammes d'un athlète ou d'un musicien. C'est à chaque entraînement que l'athlète se doit d'être intentionnellement dans l'effort. Un des rôles de l'entraîneur, du préparateur physique ou du préparateur mental est d'amener les athlètes à être dans cette intention de la présence à l'effort à chaque séance. C'est l'apprentissage de la présence à l'instant présent, à soi et aux autres. C'est aussi une approche intelligente dans le quotidien de la préparation à la prise en compte des état de surstress.

 

Quelques pistes pour apprendre à être pleinement dans l'effort :

- Dés l'échauffement, une fois les temps de convivialité passés (accueil, échanges de nouvelles...), se centrer sur les sensations kinesthésiques, les ressentis venant de l'intérieur sans jugement dans une attitude d'acceptation pleine et entière de ce que je ressens, perçois.

- Lors des situations de charge proprement dites, se fixer sur un point d'attention-concentration pendant un temps donné. Pour des sports à activités cycliques tels que athlétisme, natation, cyclisme, ski de fond, raid, triathlon, cela peut prendre les formes suivantes :

 Fixer l'attention sur la respiration, par exemple, insister sur le temps d'expiration.

 Fixer l'attention sur la poussée des appuis lors d'un travail en côte chez des athlètes.

 Fixer son attention sur le relâchement de l'ensemble du corps ou d'une partie bien spécifiée du corps.

- Lors des entraînements entraînant des douleurs recherchées, séance dite de lactique par exemple, (les sportifs utiliant plus souvent le mot souffrance que douleur), il s'agit d'apprendre à accepter la douleur sans tension psychique. Cela signifie pour le sportif d'identifier les douleurs dites "normales" et les douleurs qui sont le signal d'un problème physique informant d'une blessure. Pour les premières il s'agit d'apprendre à l'accepter, à faire avec, tout en restant relâché, car c'est ce qui est recherché. Pour les secondes il importe d'arrêter de suite l'entraînement.

 

Dans cette approche d'une présence à l'effort le sportif apprend ainsi à se connaître. Au delà des performances réalisées et des défis relevés, la pratique sportive participe d'un apprentissage du soi profond quand elle est abordée dans une vision humaniste et non mercantile.

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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 07:24

Dans l'un de ces derniers livres, le Docteur Jean Jacques Charbonnier (anesthésiste-réanimateur) qui recherche sur les états modifiés de conscience donne l'exemple d'un joueur de football qui a vécu une expérience de "flow" particulièrement intense. Voici le témoignage de ce joueur :

 

" Je venais d'avoir le ballon et je devais passer cinq joueurs pour marquer. C'est à ce moment-là que je suis sorti de mon corps et que j'ai parfaitement vu les déplacements de tous les joueurs même ceux qui étaient derrière moi. Je me voyais aussi puisque j'étais au-dessus de moi. J'ai pu passer les cinq joueurs sans difficulté puisque je savais où ils voulaient aller puisqu'en même temps que j'avançais je lisais leurs pensées. J'ai traversé la défense comme dans du beurre et j'ai tiré pour marquer. Quand j'ai tiré, j'ai vu la trajectoire du ballon au ralenti, c'était super et splendide. Grâce à ce but mon équipe a été qualifiée. Ma soeur qui s'intéresse à vos recherches m'a conseillé de vous écrire...mais je vous demande de ne pas donner mon nom si vous parlez de mon cas car je n'ai pas envie qu'on me prenne pour un barge".

 

Cet état de "flow" assez extraordinaire arrive plus souvent qu'on ne le croit dans le cadre d'une activité physique intense. D'après les travaux de Jean Jacques Charbonnier 4% de sportifs vivraient une telle expérience. Mais cet état de sortie hors du corps interpelle notre conception matérialiste occidentale. De ce fait rares sont les sportifs qui osent s'exprimer sur ce qu'ils ont vécu. Comme ce joueur de football, ils ont peur de passer pour des "barges". Or cet état est naturel. Il Peut se produire à tout moment quand un sportif est totalement dans la présence à l'effort.

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Présentation

  • : Le blog de sport en pleine conscience - Raymond Barbry
  • : L'objet de ce blog est de promouvoir l'exploitation de la pleine conscience (mindfulness) dans la pratique sportive. Ceci afin de permettre aux pratiquants sportifs d'exploiter au mieux leurs ressources dans le respect du développement humain.
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  • Raymond Barbry
  • J'interviens dans l'accompagnement (coaching) des sportifs de tous les niveaux. Je propose une approche de la préparation mentale qui prend appui sur les outils de la pleine conscience et sur mon expérience personnelle de sportif de haut niveau.
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