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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 09:15
Le flow ou "flux", un état naturel.

Et si ce que les sportifs appellent "la zone", cet état particulier qui permet d'être pleinement dans l'action, de donner le meilleur de soi était un état naturel, que toute personne, sportive ou non, avait déjà vécu ?

Cet état où tout semble facile que nous qualifions de 'fluidité" et où le sujet ne fait qu'un avec la situation n'est pas en soi un phénomène extraordinaire qui n’arriverait qu'occasionnellement. C'est une sensation spontanée que tout le monde a vécu et qui semble venir de nulle part.

Les pratiques corporelles, sportives ou non, participent à l'émergence et à l'expérience de cet état. Le corps a cette faculté de nous ouvrir à cette sensation de totalité qui se dégage de l'activité. C'est d'abord une expérience directe que fait le sujet. Elle ne se décrète pas, elle ne se programme pas, elle est. Le sujet est en état de fluidité corporelle et mentale.

Ce sont des expériences humaines que tout le monde a déjà faites et que tout le monde peut refaire. C'est en fait une expérience banale que la plupart du temps nous ne percevons plus, parce que pris par notre mental (l'ego). Cela se produit dans le quotidien, simplement dans la présence à l'environnement.

Un mode de vie moderne peut enclin à favoriser cet état.

Notre mode de vie moderne où nous sommes de moins en moins dans l'expérience immédiate, et où tout est de plus en plus médiatisé nous éloigne de la perception de notre expérience. Dans le monde du sport, nous en avons un exemple dans la dérive de l’utilisation des outils de mesure à l'effort (cardio fréquencemètre, capteur de puissance, outils connectés...). Autant ils peuvent être de bons moyens de feedback quand le sportif sait relier les ressentis intimes de l'expérience à la lecture des informations, autant ils peuvent rendre le sujet totalement dépendant à l'outil. L'athlète n'est plus alors en lien direct avec son expérience, et sans son capteur, il est perdu. il ne sait plus où il en est !

Le piège du mental.

Notre mental est une fabrique à pensées qui a la fâcheuse tendance à prendre pour réel le contenu de nos idées. Nous fabriquons tous les jours une représentation mentale figée de la vie mouvante. C'est ainsi que nous confondons la représentation mentale que nous avons d'une chose avec la chose elle-même. Nous élaborons des idées du passé, du présent, du futur, des idées de nous-mêmes, de l'autre, du monde que nous prenons pour la réalité. Notre fonctionnement mental apparaît ainsi comme un fonctionnement un peu "délirant". Notre habitude de considérer comme réelles nos opinions, jugements et point de vue, qui sont, par nature, changeant et asservis à la mémoire, est aussi valable que de construire une habitation sur du sable mouvant. Nous prenons pour réel ce qui ne l'est pas !

Nous interprétons plutôt que nous ne percevons.

En situation, il y a d'abord la conscience de celle ci avant que notre mental ne l'interprète. Pour qu'il y ait conscience de cet événement, il faut nécessairement une conscience d'arrière-plan qui le perçoive. Puis vient ensuite l'interprétation, qui, elle, utilise la mémoire, les acquis culturels, le bagage mental. Nos mémoires vont récupérer la perception est fabriquer une histoire par rapport, à ce qu'elles connaissent. le plus difficile est d'apprendre à rester dans la réceptivité pure, en laissant de côté le mental interprétatif et ses limitations.

Comment favoriser l'émergence de cet état de receptivité porte d'entreé vers la fluidité ?

Voici une liste de principes qui peuvent aider à rencontrer de plus en plus souvent cet état de fluidité.

- Reconnaître que nous avons déjà rencontrer cette fluidité et revivre en visualisation mentale les situations.

- Apprendre à porter son attention sur ces temps d'expansion quotidienne qui se produisent à tout moment. Il s'agit d'être dans la présence à la situation. C'est ce que nous appelons "être dans le moment présent". Plus je vais être dans le présent et plus je vais percevoir cette fluidité. C'est la perception plutôt que l'interprétation.

- Dans le cadre d'un effort physique, réguler la respiration en insistant sur le temps d'expiration (cf la respiration breathplay issue du yoga). Avec de l'entraînement, la respiration se synchronise alors automatiquement à l'intensité de l'effort.

- Dans l'action se méfier de la réflexion qui bloque les ressentis.

- Apprendre à sortir de l'aspect négatif de l'ego qui nous limite sans arrêt, nous bloque, nous contracte, et nous freine dans l'activité. C'est le travail sur nos peurs.

- Prendre du temps quotidiennement pour des pratiques de pleine conscience ou méditatives. En soi peu importe le choix d'une "technique" toutes aboutissent au même effet, si tenter que la pratique est régulière (quotidienne).

- Apprendre à ne faire qu'une seule chose à la fois en maintenant sa capacité attentionnelle.

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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 16:17
Gaël Querin, objectif Rio.

Gaêl Querin est l'un des meilleurs décathloniens européens (4ème au championnat d'Europe en salle en mars 2015 / champion de France en juin 2015). A l'âge de 28 ans il entre dans la période la plus propice pour réaliser les plus hautes performances dans sa spécialité. Aussi Rio est l'un de ses objectifs majeurs.

Or il ne peut actuellement se consacrer pleinement à sa préparation par manque de moyens !

Aussi étonnant que cela puisse paraître, à l'heure d'aujourd'hui en France, l'un des meilleurs décathlonien de notre pays ne peut tout simplement pas vivre normalement de son activité sportive ! Comment en arrive-ton là ?

"Si tu obtiens des médailles, surtout mondiales et olympiques, tu peux t'en sortir. Quand tu es au pied du podium, c'est la galère."

Une préparation à temps plein.

Un athlète de ce niveau dans cette spécialité qui plus est, s'entraîne deux fois par jour. Il est impossible de s'engager dans une autre activité professionnelle. Les temps de non entraînement sont des temps qui servent à la récupération, à la préparation mentale, aux soins (kiné, ostéo..). Un sportif de niveau international dans le cadre d'une préparation olympique l'est à temps plein. Il ne peut y avoir de demi-mesure.

Une aide insuffisante.

Bien qu'aider en partie par la fédération, par son club (le LMA), par le conseil général, il bénéficie de 18 000 euros pour des dépenses estimées à 17 500 euros (déplacement, stage, suivi, matériel...).

A 26 ans, l'équipementier "nike" le lâche le considérant comme trop vieux ! Comment admettre que dans une activité à maturité tardive comme le décathlon un équipementier sportif puisse tenir ce discours !

Une inégalité voire une injustice de plus en plus criante entre les sports.

Est-ce normal qu'un athlète de ce niveau en soit venu à dépendre des aides publiques type RSA, CAF... alors qu'un footballeur de ligue 2 gagne en moyenne 15 000 euros par mois, soit à peu prés ce dont Gaël a besoin uniquement sur le plan sportif pour une année ?

Que dire des 16 millions d'euros de gains de Tony Parker en 2014. Quelle différence au plan sportif entre le basketteur et le décathlonien ? Tous les deux sont parmi les meilleurs au monde dans leur activité.

Un appel au financement participatif.

Au final il ne reste à Gaêl que 800 euros pour vivre, payer le loyer, ses charges. Pour boucler son budget et pouvoir se préparer pour le JO. Comment se préparer sereinement ?

C'est grâce à un financement participatif via la plate-forme sponsorise.me que Gaël va pouvoir en partie bouclé son budget et se préparer

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30 octobre 2015 5 30 /10 /octobre /2015 07:19
Se relever d'un échec

Un enjeu de formation du sportif de haut niveau, mais pour toute personne quelles que soient les circonstances, est la capacité de se relever après un échec.

La plupart du temps l'être humain est insatisfait quand sa vie n'est pas telle qu'il veut qu'elle soit. Il résiste au changement et lutte pour s'accrocher à une image de soi qui a de la permanence. mais fondamentalement, le contrôle de la vie échappe à l'être humain. Se défendre contre l'échec, l'insatisfaction, la déception,, la désapprobation c'est comme vivre avec une armure protectrice qui nous empêche finalement de bouger et d'agir librement et avec aisance.

L'échec fait partie de la vie d'un sportif. C'est parce que le sportif va l'accepter qu'il va d'autant mieux pouvoir le dépasser librement et rapidement ! Quand le sportif a compris que sa vie est un processus qui se déploie moment par moment, séance d'entraînement par séance d'entraînement, compétition par compétition, il devient alors vraiment présent à soi et aux autres. Il apprend à accepter la nature changeante de toute chose. Il accepte alors que l'échec et la réussite vont et viennent. C'est ainsi que se développe conjointement et dans le quotidien l'estime de soi et la confiance en soi. Deux données incontournables et indispensables dans le cheminement d'un sportif de haut niveau.

Par l'entraînement quotidien, voire biquotidien au plus haut niveau, nous pouvons accompagner le sportif à s'ouvrir au moment présent tel qu'il est. Il s'agit pour le sportif d'apprendre "à être" à soi-même dans cet instant. D'être pleinement présent aux sensations, aux ressentis tels qu'ils apparaissent. Parfois il y a des séances d'entraînement et des compétitions où tout va bien, d'autres où tout va mal comme si on s'écrasait au sol, d'autres où c'est la stagnation qui prédomine et ce sentiment de tourner en rond. L'important est de se relever et de recommencer en lâchant prise sur la déception d'avoir échoué.

La posture de l'entraîneur ou du préparateur mental est déterminante. L'insatisfaction liée à l'échec est une formidable occasion d'apprentissage et de croissance. C'est une attitude de curiosité qui est à entretenir face à cette situation. Il s'agit d'accompagner le sportif dans une attitude d'accueil, d'acceptation et de compréhension. Au lieu de penser, je ne suis pas à la hauteur, il s'agit de l'amener à se dire Ah voilà donc à quoi ça ressemble de ne pas se sentir à la hauteur. Il s'agit d'enseigner à vivre à travers les sens et non à travers les commentaires incessants du mental (l'ego).

C'est ainsi que se développe l'attention juste ou présence attentive qui permet de mener chaque acte intentionnellement. Intention et attention sont les deux faces d'une même pièce. Elles sont déterminantes pour le sportif. L'attention juste empêche de s'empêtrer dans des pensées stériles ou de se perdre dans des détails insignifiants.

Cette manière d'aborder les situations d'échec nous extirpe des automatismes comportementaux (schéma répétitif). Au lieu de réagir sans réfléchir, on réagit de manière consciente et plus constructive.

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5 août 2015 3 05 /08 /août /2015 14:57
Le sport découvre la peine conscience

Le numéro Sport et vie vient de sortir un numéro hors série entièrement consacré aux pratiques de de pleine conscience. Comment la méditation peut aider la performance ?

On y trouve un interview de Jon Kabat Zinn qui explicite ce qu'est la pleine conscience et en quoi elle peut être bénéfique aux sportifs et plus particulièrement aux sportifs de haut niveau.

"La pleine conscience, c'est très simple en théorie, et très difficile dans la pratique. C'est un contrat que l'on passe avec soi-même. Vous vous engagez à libérer un peu de temps dans la journée pour cultiver de manière délibérée, une qualité d'attention ouverte et bienveillante. Concrètement, on coupe le téléphone. On éloigne sa tablette. On s'assure de ne pas être dérangé pendant une vingtaine de minutes. On trouve un endroit calme. On se place en position confortable assise ou allongée, et on s'entraîne à revenir encore et encore au moment présent en accueillant les sensations de son corps et en observant les états d'âme et le défilement des pensées."

C'est une pratique simple à comprendre mais combien difficile ! " le grand philosophe français Blaise Pascal écrivait: "Tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre." En effet, nous avons toutes les difficultés du monde à être "ici et maintenant" comme disent les psychologues. Notre esprit tente sans cesse de s'échapper. Tantôt nous sommes à regretter le passé. Tantôt, nous anticipons l'avenir. Mais nous rarement satisfaits d'être là, tout simplement. Or, c'est le but de ces séances. Au début on n'y arrive pas. L'esprit est constamment "dérangé" par des pensées qui nous éloignent de l'instant présent. Ce n'est pas grave. Chaque fois qu'une pensée parasite surgit, contentez-vous de l'observer. petit à petit vous arriverez à focaliser votre attention non pas sur la pensée elle-même et ce qu'elle contient de négatif ou de positif, mais plutôt sur la rapidité avec laquelle cette pensée s'immisce dans votre esprit. L'exercice consiste à la laisser passer, ramenant l'attention au moment présent. Là dessus, une autre pensée se forme...Et ça recommence. On répète l'exercice comme dans le cadre d'une séance de gymnastique. mais, ici, c'est une gymnastique de l'esprit.

Ce qu'une pratique régulière de la pleine conscience peut apporter aux sportifs. "La plupart des sportifs sont dans une logique productiviste. Ils sont surtout préoccupés par l'entretien de leur outil de travail leur corps. Alors, ils soignent leur forme physique, ils s'efforcent de manger sainement, ils entraînent leurs muscles. Toutes ces choses qui leur paraissent essentielles. Évidemment, cela ne suffit pas. A un moment ou un autre de leur carrière, les sportifs s'aperçoivent que le mental joue un rôle important. Lequel doit être extrêmement solide pour passer au travers des inévitables phases d’échecs et résister à la tentation de tout laisser tomber dans les moments difficiles. De ce fait, oui, je pense qu'une approche plus contemplative peut les aider à maintenir le cap. Lors de ces séances, ils apprennent par exemple, à ne pas toujours forcer pour obtenir des résultats. Parfois, il faut savoir aussi se laisser aller."

Pourquoi tant de gens abandonnent la méditation au bout de quelques jours ou de quelques semaines ? "Parce que nous n'avons pas été élevés pour cela. La pleine conscience implique d'observer comment les pensées vont et viennent. On ne doit ps les juger. Juste les observer. Or cela ne vient pas naturellement dans des sociétés occidentales judéo-chrétiennes où tout tourne autour de la notion de péché et de la culpabilité. Beaucoup de gens ont grandi avec le sentiment qu'ils n'étaient jamais assez ceci ou qu'ils étaient trop cela. ils ont l'impression de devoir continuellement s'amender, se justifier, se corriger. les sportifs sont souvent dans cette obsession de maîtrise et cela les épuise;"

La pleine conscience sera-t-elle notre salut ? "Quand j'ai débuté la pleine conscience il y a cinquante ans, personne ne donnait cher de mon approche. Aujourd'hui, nous sommes des millions à la pratiquer partout dans le monde. Des essais en laboratoire menés par d'éminents neuro-scientifiques, dont Richard Davidson ont prouvé ses effets sur le cerveau. la pleine conscience est en train de se diffuser dans toutes les couches de la société par le biais du sport (cf en France, ce blog, notamment), certes, mais aussi de l'éducation (cf le blog https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/), de la médecine, de l'économie et de la politique. L'humanité passe actuellement une phase de grands bouleversements. Nous sommes confrontés à de nouveaux et grands défis : le changement climatique, la surpopulation, la disparition des espèces, l'épuisement des ressources. plus que jamais, nous avons besoin de cette forme de sagesse."

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18 avril 2015 6 18 /04 /avril /2015 07:22

Ceci se passe lors d'une transat en solitaire, Cette navigatrice pratique la méditation depuis de longues années, et pendant les épreuves elle poursuit cette pratique tant de manière formelle qu'informelle.....

" La pratique méditative m'a appris à vivre pleinement chaque moment, à être totalement impliqué sans tension dans la situation. C'est ce qui m'aide à être lors des épreuves dans ces états particuliers que l'on appelle, flux ou flow. Ces états ne se déclenchent pas sur commande ils apparaissent et alors je les vis.....Pour goûter à ces états d'être et les faciliter je crée des conditions facilitantes en me mettant dans une sorte d'état méditatif par une focalisation sur ma respiration. Je me mets alors à bâiller, puis je me focalise sur mon ventre, j'entre alors dans un état de conscience différent.....Lorsque je navigue, je me mets dans cet état. J'ai la sensation d'être en totale harmonie avec la mer. Je ressens une telle qualité de présence à ce que je fais que la vie pourrait s'arrêter là, dans l'instant. Il n'y a que ce moment qui existe. Je suis attentive sans tension à tout ce qui se passe sur le voilier et tout autour de moi. les gestes sont d'une rare fluidité. je me déplace à la fois rapidement et lentement. Je ne me pose aucune question. ce que j'ai à faire est commandé par mon intuition. Ma respiration est synchone avec le mouvement du voilier. Je me laisse glisser dans ce mouvement où tous mes sens sont en alerte. J'ai une perception élargie et suis apaisée.....Ce sont des moments que l'on souhaite partager".

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18 novembre 2014 2 18 /11 /novembre /2014 12:28

Notre époque est atteinte d'une dérive qui touche tous les domaines de notre société : avoir tout tout de suite, réussir vite, être sur le devant de la scène. L'éducation, la formation, le travail, le sport de compétition en sont atteints ! Le monde du sport est un bon révélateur de notre société à la fois dans ce qu'elle apporte en humanité et en ce qu'elle développe en monstruosité. Le sport est un excellent miroir (cf les événements de ces derniers jours dans le foot français). Alors en cette période de  crise généralisée, voire même de mutation sociétale, il peut être bon de s'interroger sur le sens et les finalités de nos pratiques.

 

Apprendre à être dans l'instant tel qu'il est ou l'acceptation de la réalité.

Ce qu'une pratique sportive apporte, c'est la confrontation avec la réalité telle qu'elle est ! Peu importe les déclarations, les intentions, dans le temps de l'action nous sommes dans le direct de la situation. Le présent ne se trafique pas. Il est tout simplement ! Et mieux vaut faire avec, l'accepter. A chaque épreuve, chaque entraînement, c'est toujours une nouvelle histoire qui s'écrit.

 

 

L'illusion du contrôle.

Notre culture occidentale, matérialiste, scientiste génère une tendance à tout contrôler et plus particulièrement la nature et donc l'humain. Dans le monde du sport de compétition cela se traduit par le contrôle du corps du sportif, le contrôle de l'envirronnement, le contrôle des adversaires. Cette dérive mène à une dissociation entre ce qu'est fondamentalement l'athlète dans son essence humaine. Il ne devient plus qu'une machine à puissance, traduite en watts, en poucentage de PMA, en pourcentage de graisse,  déshumanisée, robotisée pour enchaîner les heures d'entraînement et les compétitions sans questionnement sur le sens de cet engagement. Sa progression est linéarisée comme une machine hyperprogrammée. Cette approche dans sa dérive développe une forme de scizophténie chez le sportif qui n'est plus connecté et en lien avec la réalité, avec le mouvement de la vie marqué par l'incertitude, l'imprévu, le surprenant. Cela mène à une déconnection du corps et de l'esprit. Le sportif et son entourage qui majorent cette approche techniciste et matérialiste s'enracinent dans le toujours plus qui ne mène qu'à encore plus de désillusion et d'appauvrissement psychique !

 

Or au delà des apparences, de ce que nous montre les médias, voire même de ce que nous disent les sportifs eux mêmes et leur entraîneurs, ceux qui se réalisent pleinement dans leur parcours de sportifs de compétition sont ceux qui intègrent comme principe de vie, l'incertitude, la prise en compte de la réalité telle qu'elle est et non pas telle qu'ils voudraient qu'elle soit.  Les choses ne se passent jamais comme nous voulons qu'elles se passent. Il y a et aura toujours un imprévu : les conditions atmosphériques, l'état de fatigue ou de forme, l'état psychologique, l'ambiance dans le groupe d'entraînement etc ...L'intelligence de l'entraînement, c'est la prise en compte quotidienne des imprévus, du surprenant, de l'étonnant et donc de l'humain.

Se relier à la réalité c'est s'ouvrir à ce qui est et à l'acceptation inconditionnelle de ce qui est. C'est accepter que les choses sont comme elles sont et qu'il n'est pas possible que tout soit comme nous le voulons.

 

Une priorité : le développement de la confiance en soi.

La confiance en soi, c'est lorque dans une situation donnée nous voyons comment aller de l'avant.  C'est une des priorités éducatives et de formation dans le contexte de notre époque marquée notamment par le découragement. Le sport de compéttion peut participer à développer cette confiance en soi. Etre dans la confiance en soi, c'est dire oui à la vie. Un oui complet qui permet d'avoir pleinement conscience du jeu de la vie. 

Avec la confiance en soi je me coupe du renoncement et du décougamenent. Je vois dans la situation telle qu'elle est l'ouverture qui s'ouvre à moi. Dans le cadre du sport de compétition être habité de cette confiance en soi, c'est dans le contexte de la situation avoir la réponse appropriée au regard des capacités qui sont les miennes à ce moment de l'épreuve.

 

Une dérive majeure, le souci de réussite dans le court terme. 

Qu'est-ce que réussir ? Est-ce être le meilleur ? Est-ce avoir une médaille ? Non, rien de cela in fine ! Réussir, c'est être satisfait de ce qui a été réalisé. Etre capable de reconnaître et de se dire que j'ai donné le meilleur de moi au regard des potentialités qui étaient les miennes, ce jour là et à ce moment là.

Pour développer cette approche de la réussite et permettre au sportif de se réaliser au plus haut niveau, encore faut-il laisser le temps de la maturation, le temps de la patience. C'est une longue construction que de faire émerger ce qu'il y a de plus profond dans l'Etre de l'athlète. Combien de sportifs n'ont pas pu se réaliser pleinement parce que les entraîneurs, les dirigeants, voire les parents n'ont pas laissé le temps de la maturation. La rencontre et les échanges avec une ancienne espoir décathlonienne  est un bon témoignage des effets dévastateurs des dérives dans la préparation et la formation au haut niveau. Cela laisse des traces à vie. Rien ne dit qu'aujourd'hui cette athlète n'aurait pas été une des meilleures françaises ! Les charges d'entraînement démentielles appliquées à l'âge de 16-17 ans l'ont menée droit à l"épuisement et aux blessures physiques et psychiques. A cet âge, plus je m'entraîne et plus je devrais être performante. Or parfois, pour ne pas dire souvent, c'est l'inverse qui se produit ! Une simple remarque,  comment se fait-il qu'aujourd'hui dix ans plus tard, elle réalise des performances de trés haut niveau en triathlon ?

 

Laisser le temps de la maturation,

L'humain n'est pas une machine. Dans la pluoart des sports de compétition l'atteinte des meilleures performances s'inscrit dans une logique dite de la maturité tardive. Il importe de laisser faire le temps. Il vaut mieux des progressions régulières que de brusques et surprenantes améliorations qui seront immanqualement suivies de rechutes inexorables.

Allons jeter un coup d'oeil sur les listes des sportifs au niveau international, combien étaient les meilleurs dans les catégories dites de jeunes ? Très peu. Une donnée venant de l'ex-urss est éloquente (avant 1989), sur cent jeunes sélectionnés à l'âge de quatorze ans, même pas deux iraient en équipe nationale seniors. Parmi ceux qui allaient en équipe nationale senior, nombre d'entre eux n'avaient pas été retenu à l'âge de quatrorze ans !

 

Former à l'espérance plutôt qu'à l'espoir, c'est multiplier les états de 'flux".

L'espèrance, c'est la confiance dans le fait que l'adversité ne nous atteindra pas dans nos valeurs et notre éthique, quoi qu'elle nous impose au quotidien. Etre habité par l'espérance c'est accepter de se remettre en question, c'est être volontaire, lucide et généreux.

L'espoir c'est l'attente que quelque chose arrive dans le futur et qui de ce fait hypthèque le présent. L'espoir vu ainsi est un poison. Concrétement donner des objectifs de performances concrets dans le futur peut être un facteur de limitation et de blocage.

L'espérance nous libère de l'espoir. Nous entrons alors dans la réalité. C'est être làt à la situation dans un état d'ouverture. c'est alors que les états de "flux" émergent.

 

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25 juillet 2014 5 25 /07 /juillet /2014 07:44

Tout le monde ou presque peut atteindre un haut niveau d'expertise sous certaines conditions, que ce soit en sport, en musique, en danse etc...

 

Dans les sports, hormis ceux qui prévilégient certaines caractéristiques physiques comme la taille et la masse corporelle, à peu prés n'importe qui peut atteindre les plus hauts niveaux de performance au travers d'une pratique assidue et intelligente. C'est ce constat qui se dégage de plusieurs études faites de par le monde dont la plus connue et celle de Ericsson (USA).

 

La loi des 10 000 de pratique : Cette loi émise suite à l'analyse par Ericsson (chercheur en sciences cognitives à l'Université de l'état de Floride) met en valeur que le temps de pratique de violonistes a une incidence directe sur  leur niveau d'expertise. Il a constaté que les meilleurs violonistes des plus grandes écoles de musique avaient accumulé 10 000 heures de travail, alors que ceux qui n'en comptaient que 7500 étaient littéralement deuxièmes violons. 

 

 

Ericsson prétend que le secret de la réussite n'est pas une affaire de don ou de qualités exceptionnelles au départ (l'inné), mais est plutôt lié à une pratique régulière, constante sous le regard et l'accompagnement de coachs compétents qui pendant des années soumettent les sujets (sportifs, musiciens, danseurs etc...) a un entraînement bien conçu dans lequel ils s'investissent pleinement avec un niveau d'attention-concentration élevé (l'acquis). Dans le sport de haut niveau nous observons régulièrement ce phénomène. Des athlètes arrivent au plus haut niveau sans avoir en début de carrière (catégorie jeunes) réalisés de performance extraordinaire. 

 

La qualité de l'attention-concentration est déterminante : Les grandes performances nécessitent des heures et des heures d'entraînement, mais cela ne suffit pas. La qualité de l'attention qu'on y accorde est déterminante (voir Daniel Goleman). Les experts se concentrent pleinement sur l'amélioration d'un aspect particulier de leur action (gestes...) dans les temps de pratique (entraînement).  Etre pleinement attentif stimule la vitesse de traitement de l'esprit, renforce les connexions synaptiques et favorise le développement ou la création de réseaux neuronaux consacrés à ce que l'on est en train de faire.

 

 

Une pratique intelligente : Toute pratique intelligente requiert une boucle de remontée d'information qui permet d'identifier les points faibles et de les corriger, c'est pour cette raison que les danseurs exploitent des miroirs. Idéalement, ce retour provient d'un oeil expert - tous les sportifs de très haut niveau travaillent avec un entraîneur / les grands musiciens consultent régulièrement leur maître. Sans ce genre de retour, un sportif ne peut pas atteindre les plus hauts niveaux de performance.

 

Des temps de repos nécessaires : Une attention focalisée associée à des charges d'entraînement lourdes peuvent entraîner l'épuisement. Ericsson constate que quatre heures/jour est un seuil critique. C'est ce qu'il déduit d'une méta-analyse concernant des sportifs, des musiciens, des danseurs. Le repos, la récupération mentale et physique font partie intégrante de l'entraînement. Certes il faut pousser le corps et l'esprit mais il est tout aussi incontournable de ménager les temps de repos. C'est ce dernier qui permet le passage à un niveau supérieur.

 

Le temps de la patience, de la volonté et de l'abnégation : Nous pouvons déduire de cette approche que la patience, la volonté et l'abnégation associées à un degré de motivation s'imposent. Il n'existe pas ou trés peu de réussite spontanée.

 

Un rapide calcul donne une idée du nombre d'années nécessaires pour atteindre ce haut niveau d'expertise. Je prends pour exemple le domaine du sport et plus particulièrement des sports comme l'athlétisme, le cyclisme, le ski de fond. Un athlète débutant à quinze ans l'activité ayant une progression régulière des charges d'entraînement telle que, six heures/semaine de pratique effective -le temps de pratique réelle- pour la première année et une augmentation d'une heure par année de pratique jusqu'à quinze heures/semaine de pratique effective vers l'âge de 24 ans - à ce stade le sportif s'entraîne bi-quotidiennement - Le tout sur un nombre de quarante six semaines en moyenne par an. Il faut un peu plus de quinze années pour atteindre l'expertise. En fonction des activités cette durée peut être réduite. Un musicien, un nageur, un cycliste pourront pratiquer quatre heures/jour est atteindre des volumes par semaine plus conséquent sans rique de blessure. Ce qui n'est pas le cas dans d'autres activités plus traumatiques (course à pieds, activités de contact...).

 

Pour s'améliorer dans n'importe quoi, cinq régles essentielles :

- Du temps de pratique,

- De l'attention-concentration et de la réflexivité dans le temps de pratique,

- Du repos indispensable à la récupération.

- De la confiance en soi et de la joie de vivre.

- De la patience (laisser le temps au temps).

 

 

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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 16:14



Les caméras embarqués permettent de voir d'un plus prêt la réalité d'un peloton lancé à vive allure. Une vidéo prise lors du tour de Suisse et  mise en ligne montre les qualitésEisenbeis Aurel de ces sportifs qui se doivent d'avoir une condition physique exceptionnelle associée à une dextérité équivalente à un pilote de formule 1.

 

http://www.1buzz.fr/2205-les-cyclistes-sont-malades--camera-a-l-interieur-d-un-peloton.html#_

 

 

Un coureur par étapes, c'est à la fois un coureur de raid, capable de faire des efforts du type 1500m et 400m durant chaque journée. Le fait d'être un sport porté permet l'accumulation de ces efforts. Il n'en reste pas moins que la capacité d'attention-concentration doit être maintenue pendant de longues minutes. La moindre distraction s'avère souvent fatale et se traduit par une sortie de route ou une chute.

 

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5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 08:15

A lire ce témoignage de la traversée à pied de l'Antarctique, depuis la côte jusqu'au Pôle Sud géographique. Soixante sept jours sans la moindre assistance extérieure. Il nous montre combien nous avons tous du potentiel et que c'est le sens et notre engagement qui permet la réalisation des projets. Vivre c'est être en projet et les réaliser. 

 

 

 

Albert Bosch, ce pyrénéen espagnol, n'était pas sportif de haut niveau. Il reconnaît lui même qu'il n' avait pas de talent particulier dans les pratiques sportives, ni l'intelligence suffisante pour briller dans de hautes études...bref il se qualifie comme un homme ordinaire, mais conscient que la normalité ne doit pas empêcher de vivre intensément une vie intéressante ; qu'elle n'implique pas de se contenter de ce qui nous échoit et de renoncer à réaliser nos rêves ; qu'il est toujours possible de tracer sa route sans autre limite que celle de notre volonté.

 

 

Dans cet ouvrage qui témoigne de son expérience, nous trouvons un message profondément vitaliste. Certes penser et conceptualiser la vie est nécessaire, mais quel sens cela prend-t-il si nous ne déboucons pas sur une mise en pratique ? Ce qui importe, c'est de nous sentir vivants et faire que notre existence prenne sens à nos propres yeux et aux yeux de notre entourage par l'action et la mise en actes de nos pensées. Le monde est suffisamment pourvu de gens qui connaissent tout d'un sujet sans en avoir le mode d'emploi, sans savoir quoi faire de ce savoir, voire sans avoir d'expérience sur ce sujet !

 

C'est un hymne à la liberté qui est évoquée dans cette expérience qui a sollicité toutes les ressources de l'homme. Liberté d'apprendre, d'évoluer et de décider de la plupart des aspects de notre existence. Cette liberté n'a de sens qui si elle est pratiquée et non pas seulement pensée.

Nombreux encore sont ceux qui ne se contentent pas de penser la vie. Ils préfèrent marcher dans la nature plutôt que de la parcourir dans un atlas ou sur google earth, ils préfèrent une relation sexuelle athentique de partage à l'excitation superficielle d'un film porno, ils ressentent plus d'amour en embrassant leur enfant ou leur partenaire qu'en lisant des livres romantiques, ils prennent plus de plaisir à une course ou à une expérience qu'à un jeu virtuel. S'engager, agir, prendre parti a plus de prix que de s'en tenir au monde des idées.

 

Albert Bosch témoigne de la conviction que tout rêve mérite d'être pris au sérieux, et de la volonté de vivre pleinement en cohérence avec ses valeurs et ses idées. Nous avons tous cette possibilité de faire de même. Il nous permet de réfléchir sur notre aptitude à mener à bien nos aspirations et aller explorer nos potentialités.

 

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28 mai 2014 3 28 /05 /mai /2014 11:56

Voici le témoignage éloquent de la Hurdleuse Lolo Jones qui nous éclaire sur les effets négatifs des pensées dans le temps de l'effort.

 

 

Souvenez vous, nous sommes en finale du 100 mètres haies aux JO de Pékin, Lolo Jones fait la course en tête. Les premières haies sont franchies dans l'aisance. Elle va gagner. Elle ne peut que gagner...Brusquement tout bascule !

 

Dans le dernier livre de daniel Goleman, "Focus, the hidden driver for excellence" 2013 (en français :Attention et concentration, les clefs de la réussite).Elle témoigne de cette expérience et de la raison qui l'a menée à la faute. 

 

"Ce n'était quasiment rien au début, à peine l'impression que les haies venaient trop vite. Alors j'ai pensé : Attention à ta technique....Attention à bien lancer tes jambes. cette pensée m'a conduite à trop bien faire, je me suis contractée..et j'ai accroché la neuvième des dix haies. Au lieu de finir 1ère..je finis 7ème, et je m'effondre en larmes sur la piste".

 

Mais l'histoire ne s'arrête pas là ! De nouveau aux JO de Londres où elle finit 4ème, Lolo Jones avait toujours en tête cette mésaventure de Pékin. Comme si cette finale quatre ans plutôt était encore vécue comme le présent. Et ce sont les souvenirs du passé qui ont guidé la course de 2012 avec le même résultat ! Dés que Lolme Jones s'est mise à réfléchir dans l'action au détail de sa technique elle se programmait pour l'échec. 

 

Pour un sportif de haut niveau, mais idem pour un musicien, un danseur, le fait de se mettre à penser dans le temps d'activité à la technique, c'est la recette du déraillement assuré. Pour exemplifier, des footballeurs à qui l'on ademandé de conduire un ballon en slalomant entre des cônes alignés au sol, tout en faisant attention à quelle face du pied ils faisaient appel pour toucher la balle, ont commis plus d'erreurs. 

Le cortex moteur d'un athlète accompli, dans lequel les gestes ont été fixés par des milliers d'heures d'entraînement réalise mieux si on lui fiche la paix ! Comme l'explique Goleman : " Aussitôt que l'on se met à penser à ce que l'on fait, à comment le faire - ou, pis encore, à ce qu'il ne faut pas faire, le système (nerveux) confie une part du contrôle à des circuits qui savent très bien réfléchir et s'inquiéter, mais pas restituer le geste proprement dit. Que ce soit au 100 mètres haies, au football, au baseball". C'est l'emmêlement de pinceaux assurés".

 

En tant qu'entraîneur, il faut éviter et s'interdire de repasser aux athlètes ou aux joueurs des actions d'une épreuve ou d'un match en ne se focalisant que sur ce qu'il ne faudra pas faire la prochaine fois. C'est les conduire au blocage et à la  réalisation ce que l'on ne veut pas voir se produire !

 

Il n'y a pas que le sport qui est concerné. Pour toutes les activités humaines cela fonctionne mieux quand on laisse faire, quand on ne cherche pas à forcer. C'est cela le lâcher prise, c'est laisser les événements se produire, surfer sur la vague de l'événement, être dans la présence à ce qui est et non dans le contrôle. C'est ce qui mène à l'état de flux (flow).

 

 

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  • : L'objet de ce blog est de promouvoir l'exploitation de la pleine conscience (mindfulness) dans la pratique sportive. Ceci afin de permettre aux pratiquants sportifs d'exploiter au mieux leurs ressources dans le respect du développement humain.
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  • Raymond Barbry
  • J'interviens dans l'accompagnement (coaching) des sportifs de tous les niveaux. Je propose une approche de la préparation mentale qui prend appui sur les outils de la pleine conscience et sur mon expérience personnelle de sportif de haut niveau.
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