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22 août 2012 3 22 /08 /août /2012 14:41

Voici en quelques mots le compte rendu d'une expérience dans la zone lors d'un raid pédestre en moyenne et haute montagne dans les Alpes française.

 

Le contexte du raid :

Une randonnée en autonomie et en groupe réduit de six personnes pendant 12 jours (sans but compétitif) avec des temps de marche compris entre 6h00 et 11h00 (pauses comprises) avec un sac à dos de 15 kilos. Le dénivelé cumulé moyen est proche de 1500m pour une oscillation comprise entre 1200 et 2000m de dénivelé cumulé. Le nombre de kilomètres total pour les douze jours est proche des deux cents.

A travers ces randonnées montagneuses je suis à la recherche par la marche : d'une activité physique nécessitant un effort d'endurance, d'un contact avec la nature, de temps contemplatifs et méditatifs, d'un partage d'expériences avec des proches qui adhèrent à ce projet.

 

Un moment exceptionnel d'aisance :

A plusieurs reprises durant ces douze journées il y a eu des expériences que je qualifierai d'état de flow. Ils m'arrivent sans que je les recherche spécialement. Un des moments fut particulièrement intense et mérite d'être décrit avec la limite des mots.

Le groupe est très hétérogène en matière d'aptitude à la marche en montagne et de niveau d'endurance. Pour ma part, je marche le plus souvent en maîtrise respiratoire totale, et ce même dans les pentes à fort pourcentage (60-75%). Dece fait je suis dans une marche lente adaptée au profil du terrain, en moyenne en montée je suis entre 250 et 300 mètres de dénivelé positif à l'heure. Le plus souvent je suis sur une base de six temps d'expiration pour trois temps d'inspiration (voir l'approche Breathplay de I.Jackson). C'est cette dernière que j'adaptais lors des épreuves d'ultra-distance en vélo.

Compte tenu de mon niveau actuelle de condition physique, je marche plus lentement que les personnes du groupe qui sont pour certaines d'un niveau national dans les épreuves de 1/2 fond en athlétisme.

 

Or un matin lors d'une ascension de plus de 600m de dénivelé positif, je me suis mis dans les pas du marcheur le plus rapide du groupe. Et c'est dans ce contexte que j'ai vécu cette expérience de la zone que je qualifierai de "forte". Voici ce que je peux en dire quelques jours après. Je percevais que je montais vite, même très vite et ce dés les premiers mètres. Mon attention était rivée sur les pieds du marcheur qui me précédait. Je ne quittais pas ses appuis tout en ayant une lecture parfaite du terrain. C'est comme si mes pieds savaient d'avance où ils allaient se poser. Dans les passages où il fallait enjamber, je ne pouvais suivre au même rythme le meneur qui lui avançait presque en  courant et sautant. Je recollais aisément dans les parties moins pentues. Au plan respiratoire, ma boîte automatique "breathplay" fonctionnait à plein ! J'étais sur du 4 temps expiratoires pour 2 temps inspiratoires. Une centration sur ma respiration m'amenait à me faire prendre conscience que j'insistais vraiment sur le temps expiratoire. Les automatismes travaillaient en vélo revenaient naturellement. Dans les moments où l'intensité de l'effort augmentait, je passais naturellement en deux temps d'expiration pour un temps d'inspiration. Si l'allure s'intensifiait et m'amenait dans la zone rouge (dette d'oxygène), je réduisais mon allure afin d'équilibrer les échanges et de retrouver un état de stabilité dans l'effort. A aucun moment je ne me suis soucié de notre vitesse de montée et du temps que nous mettrions pour arriver au col. J'étais dans l'effort, pleinement et entièrement. Je percevais les difficultés respiratoires des marcheurs qui me suivaient sans me retourner. J'observais et ressentais l'aisance du marcheur qui ouvrait le chemin et qui me donnait l'impression de courir, voire de voler au dessus des obstacles (pierres, rupture de pentes etc....). J'avais comme l'impression que lui et moi étions en tandem. Cette ascension m'a semblé courte en temps...De fait ce qui était prévu en trois heures pour des marcheurs moyen a été réalisé en une heure. Mais au delà de cela mon impression était d'une durée plus courte. Je m'entends dire : "nous sommes déjà en haut ! Mais nous étions il y a peu de temps tout en bas". Et en même temps, j'avais une impression de ralenti dans les temps d'effort. Cette sensation je l'avais eue plusieurs fois lors des épreuves de très longues distances en vélo, notamment une fois la mi course passée, soit après plus de dix heures d'effort.

 

Je vois encore la surprise dans les yeux du marcheur qui ouvrait le chemin et les mots qu'il me dit à l'issue de ce temps de randonnée sportive : "Mais t'es encore là ! Comment t'as fait ? Tu as l'air facile ! Et ton regard, il pétille"

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Published by Raymond Barbry
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  • : L'objet de ce blog est de promouvoir l'exploitation de la pleine conscience (mindfulness) dans la pratique sportive. Ceci afin de permettre aux pratiquants sportifs d'exploiter au mieux leurs ressources dans le respect du développement humain.
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  • Raymond Barbry
  • J'interviens dans l'accompagnement (coaching) des sportifs de tous les niveaux. Je propose une approche de la préparation mentale qui prend appui sur les outils de la pleine conscience et sur mon expérience personnelle de sportif de haut niveau.
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