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18 novembre 2014 2 18 /11 /novembre /2014 12:28

Notre époque est atteinte d'une dérive qui touche tous les domaines de notre société : avoir tout tout de suite, réussir vite, être sur le devant de la scène. L'éducation, la formation, le travail, le sport de compétition en sont atteints ! Le monde du sport est un bon révélateur de notre société à la fois dans ce qu'elle apporte en humanité et en ce qu'elle développe en monstruosité. Le sport est un excellent miroir (cf les événements de ces derniers jours dans le foot français). Alors en cette période de  crise généralisée, voire même de mutation sociétale, il peut être bon de s'interroger sur le sens et les finalités de nos pratiques.

 

Apprendre à être dans l'instant tel qu'il est ou l'acceptation de la réalité.

Ce qu'une pratique sportive apporte, c'est la confrontation avec la réalité telle qu'elle est ! Peu importe les déclarations, les intentions, dans le temps de l'action nous sommes dans le direct de la situation. Le présent ne se trafique pas. Il est tout simplement ! Et mieux vaut faire avec, l'accepter. A chaque épreuve, chaque entraînement, c'est toujours une nouvelle histoire qui s'écrit.

 

 

L'illusion du contrôle.

Notre culture occidentale, matérialiste, scientiste génère une tendance à tout contrôler et plus particulièrement la nature et donc l'humain. Dans le monde du sport de compétition cela se traduit par le contrôle du corps du sportif, le contrôle de l'envirronnement, le contrôle des adversaires. Cette dérive mène à une dissociation entre ce qu'est fondamentalement l'athlète dans son essence humaine. Il ne devient plus qu'une machine à puissance, traduite en watts, en poucentage de PMA, en pourcentage de graisse,  déshumanisée, robotisée pour enchaîner les heures d'entraînement et les compétitions sans questionnement sur le sens de cet engagement. Sa progression est linéarisée comme une machine hyperprogrammée. Cette approche dans sa dérive développe une forme de scizophténie chez le sportif qui n'est plus connecté et en lien avec la réalité, avec le mouvement de la vie marqué par l'incertitude, l'imprévu, le surprenant. Cela mène à une déconnection du corps et de l'esprit. Le sportif et son entourage qui majorent cette approche techniciste et matérialiste s'enracinent dans le toujours plus qui ne mène qu'à encore plus de désillusion et d'appauvrissement psychique !

 

Or au delà des apparences, de ce que nous montre les médias, voire même de ce que nous disent les sportifs eux mêmes et leur entraîneurs, ceux qui se réalisent pleinement dans leur parcours de sportifs de compétition sont ceux qui intègrent comme principe de vie, l'incertitude, la prise en compte de la réalité telle qu'elle est et non pas telle qu'ils voudraient qu'elle soit.  Les choses ne se passent jamais comme nous voulons qu'elles se passent. Il y a et aura toujours un imprévu : les conditions atmosphériques, l'état de fatigue ou de forme, l'état psychologique, l'ambiance dans le groupe d'entraînement etc ...L'intelligence de l'entraînement, c'est la prise en compte quotidienne des imprévus, du surprenant, de l'étonnant et donc de l'humain.

Se relier à la réalité c'est s'ouvrir à ce qui est et à l'acceptation inconditionnelle de ce qui est. C'est accepter que les choses sont comme elles sont et qu'il n'est pas possible que tout soit comme nous le voulons.

 

Une priorité : le développement de la confiance en soi.

La confiance en soi, c'est lorque dans une situation donnée nous voyons comment aller de l'avant.  C'est une des priorités éducatives et de formation dans le contexte de notre époque marquée notamment par le découragement. Le sport de compéttion peut participer à développer cette confiance en soi. Etre dans la confiance en soi, c'est dire oui à la vie. Un oui complet qui permet d'avoir pleinement conscience du jeu de la vie. 

Avec la confiance en soi je me coupe du renoncement et du décougamenent. Je vois dans la situation telle qu'elle est l'ouverture qui s'ouvre à moi. Dans le cadre du sport de compétition être habité de cette confiance en soi, c'est dans le contexte de la situation avoir la réponse appropriée au regard des capacités qui sont les miennes à ce moment de l'épreuve.

 

Une dérive majeure, le souci de réussite dans le court terme. 

Qu'est-ce que réussir ? Est-ce être le meilleur ? Est-ce avoir une médaille ? Non, rien de cela in fine ! Réussir, c'est être satisfait de ce qui a été réalisé. Etre capable de reconnaître et de se dire que j'ai donné le meilleur de moi au regard des potentialités qui étaient les miennes, ce jour là et à ce moment là.

Pour développer cette approche de la réussite et permettre au sportif de se réaliser au plus haut niveau, encore faut-il laisser le temps de la maturation, le temps de la patience. C'est une longue construction que de faire émerger ce qu'il y a de plus profond dans l'Etre de l'athlète. Combien de sportifs n'ont pas pu se réaliser pleinement parce que les entraîneurs, les dirigeants, voire les parents n'ont pas laissé le temps de la maturation. La rencontre et les échanges avec une ancienne espoir décathlonienne  est un bon témoignage des effets dévastateurs des dérives dans la préparation et la formation au haut niveau. Cela laisse des traces à vie. Rien ne dit qu'aujourd'hui cette athlète n'aurait pas été une des meilleures françaises ! Les charges d'entraînement démentielles appliquées à l'âge de 16-17 ans l'ont menée droit à l"épuisement et aux blessures physiques et psychiques. A cet âge, plus je m'entraîne et plus je devrais être performante. Or parfois, pour ne pas dire souvent, c'est l'inverse qui se produit ! Une simple remarque,  comment se fait-il qu'aujourd'hui dix ans plus tard, elle réalise des performances de trés haut niveau en triathlon ?

 

Laisser le temps de la maturation,

L'humain n'est pas une machine. Dans la pluoart des sports de compétition l'atteinte des meilleures performances s'inscrit dans une logique dite de la maturité tardive. Il importe de laisser faire le temps. Il vaut mieux des progressions régulières que de brusques et surprenantes améliorations qui seront immanqualement suivies de rechutes inexorables.

Allons jeter un coup d'oeil sur les listes des sportifs au niveau international, combien étaient les meilleurs dans les catégories dites de jeunes ? Très peu. Une donnée venant de l'ex-urss est éloquente (avant 1989), sur cent jeunes sélectionnés à l'âge de quatorze ans, même pas deux iraient en équipe nationale seniors. Parmi ceux qui allaient en équipe nationale senior, nombre d'entre eux n'avaient pas été retenu à l'âge de quatrorze ans !

 

Former à l'espérance plutôt qu'à l'espoir, c'est multiplier les états de 'flux".

L'espèrance, c'est la confiance dans le fait que l'adversité ne nous atteindra pas dans nos valeurs et notre éthique, quoi qu'elle nous impose au quotidien. Etre habité par l'espérance c'est accepter de se remettre en question, c'est être volontaire, lucide et généreux.

L'espoir c'est l'attente que quelque chose arrive dans le futur et qui de ce fait hypthèque le présent. L'espoir vu ainsi est un poison. Concrétement donner des objectifs de performances concrets dans le futur peut être un facteur de limitation et de blocage.

L'espérance nous libère de l'espoir. Nous entrons alors dans la réalité. C'est être làt à la situation dans un état d'ouverture. c'est alors que les états de "flux" émergent.

 

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Published by Raymond Barbry
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  • : L'objet de ce blog est de promouvoir l'exploitation de la pleine conscience (mindfulness) dans la pratique sportive. Ceci afin de permettre aux pratiquants sportifs d'exploiter au mieux leurs ressources dans le respect du développement humain.
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  • Raymond Barbry
  • J'interviens dans l'accompagnement (coaching) des sportifs de tous les niveaux. Je propose une approche de la préparation mentale qui prend appui sur les outils de la pleine conscience et sur mon expérience personnelle de sportif de haut niveau.
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